Bien et services : les livraisons à domicile explosent

Les mesures de prévention contre le Covid-19 imposent de nouvelles habitudes, faisant accroître les commandes à distance.


Dans les restaurants de Yaoundé, ce n’est plus la grande affluence. Au lieu-dit Camp SIC Tsinga, Alice, tenancière d’un restaurantvoit ses recettes chuter au fil des jours. Lelieu est presque désert ce lundi midi, et pourtant, il y a quelques semaines encore, à la même heure, il était difficile d’y trouver place. Une situation que prévoyait la restauratrice. Sur les réseaux sociaux, elle déploie depuis plus d’une semaine le service de livraison baptisée « spécial confinement ». « Pour éviter de contribuer à la propagation du virus, nous avons décidé de lancer le service de livraison à domicile. A l’occasion, pour deux plats achetés, un autre est offert », renseigne le tableau de menus accroché à un mur du restaurant, de même qu’une publication de sa page Facebook. Au quotidien, des plateaux et barquettes de mets quittent par vingtaine les fours de sa cuisine, pour rejoindre les tables des domiciles et bureaux, derrière des motos de livraisons spécialement affrétées. La restauratrice loue depuis deux semaines, deux mototaxis, transformés en livreurs professionnels, casque à la tête, mains dans les gants, tablier aux couleurs du restaurant.
 « Nos clients préfèrent se faire livrer, c’est tant mieux pour nous. Cela nous évite en même temps de fermer boutique. Nous livrons en moyenne une centaine de plats par jour, le plus souvent vers des bureaux. Si le besoin va grandissant, nous passerons à trois livreurs », explique la restauratrice. Pour les restaurants, cette méthode de vente est le joker en cette période de confinement. Sur les plateformes digitales, les offres de livraisons abondent. Les clients ont alors le choix entre les nombreuses offres promotionnelles : Livraisons gratuites, plat supplémentaire offert, ristournes sur les prix pratiqués, entre autres.
Parce qu’il faut éviter les lieux de grande affluence, les marchés deviennent pour plus d’un des zones interdites. Une situation qui profite aux petites entreprises. Les livreurs de courses sont à l’affûtsur les réseaux sociaux. « Nous faisons les courses dans les supermarchés au prix du magasin. Nous ramenons la facture au client qui nous la rembourse et paye la livraison », indique une publication d’un groupe de jeunes étudiants. Depuis l’arrêt des cours, ils ont fait de la livraison leur activité principale. « Chaque course est facturée au moins à 2 000 F. Selon la rareté du produit souhaité ou la distance du client par rapport au magasin à fréquenter, le coût de la course peut augmenter », indique Salomon Brice Nlend, étudiant à l’Université de Yaoundé I, promoteur d’une entreprise de livraison.En partenariat avec des grands magasins de la ville, le groupe de neuf bénéficie de réductions sur certains produits et peuvent selon les boutiques, faire des emplettes à crédit. 
 

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