Yaoundé : 82 enfants retirés de la rue

Une opération pilote de suivi et d’observation les concernant a été lancé hier en vue de leur réinsertion sociale ou de leur retour en famille.

La mine joviale, Mohamed N., 12 ans, peine à cacher sa joie. Extirpé aux premières lueurs de la matinée d’hier d’un centre commercial de Yaoundé par l’équipe du ministère des Affaires sociales (Minas), cet ancien enfant de la rue, comme la plupart de ses congénères se dit heureux de retrouver enfin un nid douillet et de quoi se nourrir en attendant son retour dans le cocon familial. En transit au Centre des Affaires sociales de Yaoundé Ier au lieudit « Rue Ceper » pour une durée de trois mois, Mohamed N., affiche déjà sa volonté de rentrer chez lui à Meiganga dans l’Adamaoua. « Je suis parti il y a trois mois. Et je le regrette. Car, je passe mes journées à traîner à la recherche de quoi manger. Ma mère m’a appelé hier pour me demander de rentrer et je suis prêt. L’action du ministère des Affaires sociales est une chance pour moi », se réjouit le jeune homme qui dormait à la belle étoile jusqu’ici. 
Et la présence du ministre Pauline Irène Nguene sur les lieux ne peut que redonner du réconfort à ces jeunes. « Une nouvelle page s’ouvre pour vous. Vous avez l’opportunité de construire un nouveau projet de vie. Il faut être sérieux dans ce que vous allez faire. Nous allons être avec vous tous les jours pendant trois mois pour qu’au sortir de là, vous ayez quelque chose à faire dans votre vie. Soyez engagés et n’ayez pas peur. Bonne chance ! », lance le Minas à ces enfants. Cette descente du ministre rentrait dans le cadre du lancement de l’opération d’observation et de suivi des enfants de la rue en vue de leur retrait du Centre commercial de la ville de Yaoundé. Cette action aura permis de loger 82 enfants dans trois Centres des Affaires sociales de Yaoundé. 
Plutôt que d’errer dans la rue, ils seront reçus toute la journée de lundi à samedi dans ces différents centres d’écoute où ils pourront se rafraîchir et s’alimenter. D’après le Minas, une variété d’activités sportives, ludiques et d’éveil ainsi que des soins pour ceux qui sont malades ou ont besoin d’une cure de désintoxication leur seront offerts. Cette action expérimentale leur permettra, en fonction de leurs situations individuelles, de se retirer au bout d’un certain temps volontairement et durablement de la rue. « Le retrait des enfants de la rue qui se fait dans le cadre de l’éducation en milieu ouvert ne consiste pas en un enlèvement par la force. Il s’agit d’un processus de déconditionnement et de préparation à une resocialisation qui aboutit après une période de trois à six mois d’observation au cours desquels l’enfant est progressivement emmené soit par l’écoute et le counseling à adhérer à un projet de vie qui lui offre de nouvelles perspectives de socialisation. Soit par le retour en famille, ou par le placement en milieu d’apprentissage professionnel ou encore par un placement en milieu institutionnel dans les centres spécialisés publics ou privés », a conclu Pauline Irène Nguene qui envisage d’étendre l’opération aux villes de Douala et Bafoussam, principaux foyers du Covid-19.
 

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