Société

Salons de soins esthétiques : des clients méfiants

Si la plupart des points sont fermés pour cause du Covid-19, les quelques rares salons de soins ouverts peinent à avoir des clients.

Un tour dans les instituts de beauté et de soins esthétiques à Yaoundé, hier mardi 31 mars. Première escale : le salon de beauté mixte Style Plus Beauty au quartier Ahala de Yaoundé. Il est 10h30 minutes environ. Dans la grande salle, l’ambiance est plutôt morose. Sept employés sont déjà en poste. Aucun travail ne les occupe jusque là.  Le patron de la place n’étant pas encore venu, Natacha Nguefo, coiffeuse de profession, assure l’intérim. « Les clients n’affluent plus depuis l’alerte du coronavirus. Les gens ne fréquentent plus véritablement les salons. Certains instituts ont même fermé dans le voisinage parce que non seulement c’est difficile d’éviter le contact avec le client, mais aussi le matériel que nous manipulons nous expose tous », avoue Natacha NGuefo. Sur les quatre postes de coiffure pour hommes, deux pour femmes, deux postes de soins de visage et la grande salle de massage, seulement deux clients enregistrés. Un habitué des lieux et un nouveau venu qui hésite encore à se faire les soins. Ce, malgré les arguments solides qu’avance la coiffeuse pour convaincre sa cliente. 
Ici, toutes les mesures ont été prises pour désinfecter le matériel de travail. Des machines à laver pour les gants et serviettes, des gammes de produits hydro alcooliques, du robinet à eau coulante sont disponibles. Mais hélas, les clients préfèrent s’abstenir que de courir le risque. « Je veux bien me faire défriser les cheveux, mais j’hésite encore. Parce que je ne sais pas sur qui avant moi, on a utilisé le matériel. Et surtout lorsqu’on dit que le virus est résistant », affirme Adelle Ambassa, cliente. Si dans cet institut jadis réputé, on enregistrait une trentaine de clients par jour, ces derniers temps, le record tourne autour de cinq à 10. Une preuve, que les gens redoutent ces lieux de manipulations corporelles et où les contacts humains sont incontournables. 
Autres lieux : les salons de coiffures bas de gamme. Ici, les usagers ne semblent pas conscients des risques de contamination élevés. A l’entrée du kiosque qui sert de salon dans l’un de ces espaces au quartier Damase, un seau vide dans lequel traîne une vielle éponge.  Jean Paul Saala, responsable du salon dit quand même avoir pris toutes les mesures d’hygiène contre le coronavirus. Son client, Daniel Zambo, fait confiance à son coiffeur. Car, selon lui, « seul Dieu peut nous épargner de cette histoire ». La musique en fond sonore, Saala pompe un peu d’alcool sur l’éponge et commence son travail. Par jour, il dit coiffer au moins 20 personnes. Comme matériels de travail, il ne dispose que de trois gants, une bouteille d’alcool et de l’éponge. Au regard du danger qui rode, les esthéticiennes jouent leur partition. Antoinette Blanche Ndedi, présidente du Réseau des esthéticiennes de Yaoundé II, relève : « Nous avons tenu une réunion, et nous avons décidé de fermer nos structures durant ces deux semaines de confinement. Ceci pour accompagner les mesures de la haute hiérarchie », a-t-elle assuré.
 

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