Frontière Cameroun-Guinée équatoriale : une mission de clarifications

Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense et le ministre de l’Administration territoriale ont effectué une visite de travail à Kye-Ossi pour examiner la situation qui prévaut dans cette zone de trois frontières.

Sur très hautes instructions du président de la République, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense et le ministre de l’Administration territoriale ont effectué hier une visite de travail interministérielle dans la région du Sud. Joseph Beti Assomo et Paul Atanga Nji se sont rendus notamment à Kye-Ossi, à la frontière avec la Guinée équatoriale et le Gabon. Cette mission conjointe qui intervient en pleine crise du Covid-19 a été dictée par les incidents répétés qui sont signalés au niveau de la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale


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On se rappelle que l’année dernière, les autorités équato-guinéennes avaient lancé un projet de construction d’un mur de séparation au niveau de la frontière qui existe entre les deux pays. Seulement, ce projet a créé un malentendu avec le Cameroun puisque le chantier avait visiblement empiété sur le sol camerounais. Les autorités camerounaises ont renforcé  le dispositif militaire tout le long de cette frontière, non sans avoir attiré l’attention des hautes autorités de Malabo qui avaient alors promis d’arrêter le chantier. Contre toute attente, la Guinée équatoriale a entrepris depuis quelques mois un autre projet, celui de la construction des miradors le long de cette frontière. Comme ce fut le cas pour le mur de séparation, les trois miradors à construire ne respectent pas le tracé de la frontière entre les deux pays.


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Provocations récurrentes


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C’est donc pour voir plus clair dans cette « velléité  expansionniste » que le chef de l’Etat camerounais a dépêché sur le terrain les deux membres du gouvernement. Question de vérifier la véracité des informations reçues et de lui faire un compte-rendu objectif et détaillé. En compagnie du gouverneur de la Région du Sud, Félix Nguele Nguele et du préfet de la Vallée du Ntem, Bouba Haman, les deux membres du gouvernement ont effectué, à pied sur une dizaine de kilomètres, une descente sur le site des travaux entrepris par la Guinée équatoriale. Tour à tour, le commandant de la première région militaire interarmées, le général de Brigade Raymond Ezo’o et le commandant du 11è bataillon d’infanterie motorisée, le lieutenant-colonel Djamo Haman ont, cartographie à l’appui,  présenté la situation. Tout le long de la frontière, les Equato-guinéens ont réalisé une route bitumée. Sur la partie camerounaise, ils ont entamé un terrassement et entredéposé des pierres pour la construction d’un mur de séparation et des miradors. C’est grâce à la présence renforcée des troupes camerounaises que ces chantiers ont dû être arrêtés.


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Selon les autorités locales et les populations camerounaises riveraines, les manœuvres de provocations des Equato-guinéens sont récurrentes. Il y a quelques mois, les incursions des militaires de ce pays voisin en territoire camerounais avaient poussé le Cameroun à installer un dispositif militaire renforcé dans la zone. Le Mindef a séjourné il y a trois mois à Kye-Ossi pour s’imprégner de la situation. Le 11 octobre dernier, les autorités équato-guinéennes ont, de manière unilatérale, fermé la frontière entre les deux pays. Au mépris du principe de la libre circulation des personnes et de biens dans la zone Cemac.


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