Lagdo-Bibemi : pas d'interruption de service

Les maires qui ont déjà prêté serment ont lancé l’exécution de leur plan d’action.

La voix de Yedi Armand dégage une grosse énergie. Maire de Bibémi depuis le 9 février, ce fonctionnaire de l’administration des finances est sûr et fier de lui. « Ma liste a été plébiscitée. J’ai été élu maire. Le document qui constate notre élection a été dressé.  L’ancien maire nous a passé  le service en présence du préfet.  J’ai prêté serment. A la Trésorerie de Garoua où j’occupais des fonctions, j’ai remis les clés de mon bureau », relate le nouvel édile de Bibémi. En attendant l’installation officielle de la nouvelle équipe et l’aboutissement du recours introduit par Abdourahman, mandataire du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) au niveau de la Chambre administrative de la Cour suprême qui conteste l’élection de la liste RDPC, Yedi Armand et ses adjoints sont déjà au boulot. « En ce moment, nous préparons  notre  premier conseil municipal. Il sera consacré à l’adoption du compte administratif. Il faut respecter les délais. Cela doit être fait au plus tard le 30 avril », note le maire. Devant notre étonnement suite à sa révélation de faire organiser un conseil municipal malgré les mesures liées à la lutte contre le coronavirus, Yedi Armand prend quelques minutes et explique.  « Le texte dit que les réunions de plus de 50 personnes sont proscrites.  Nous sommes 41 conseillers. Avec le préfet, le sous-préfet et leurs collaborateurs, ça peut faire 46 ou 47 personnes. Donc, on peut se réunir mais tout en respectant les mesures de distanciation prescrites », explique le maire. Yedi Armand complète en indiquant que son parti, le RDPC, va défendre jusqu’au bout sa victoire à Bibémi. « Nos avocats travaillent sur ce dossier. C’est un individu, Aboudrahman du FSNC qui nous attaque et non le FSNC. Je pense qu’il est soutenu par nos adversaires au sein du parti qui ne voulaient pas de nous à la mairie. Le tribunal administratif de Garoua lui a donné gain de cause. Nous avons fait appel ». 
A Lagdo, Luc Kaga, maire élu le 9 février sous les couleurs du FSNC n’affiche pas la même pêche que son collègue de Bibemi. L’élu fait juste remarquer qu’il s’est mis au travail après la passation de service technique. Le 26 mars dernier, Luc Kaga a occupé les devants de l’actualité malgré lui. En matinée, il a signé le premier contrat-plan liant l’Etat du Cameroun, représenté par le Minepat à une collectivité territoriale décentralisée. Montant de l’enveloppe 5 milliards. Ces ressources serviront à l’électrification de 16 localités de Lagdo et à la réfection de la voirie de la ville. Le même jour, en début d’après-midi, une décision de justice tombait au tribunal administratif de Garoua. Le collège des juges conduit par Célestin Ayissi Ntsa, président du tribunal administratif de Garoua, annulait les résultats des élections municipales dans 41 bureaux de vote. Le juge ordonnait ainsi la reprise du scrutin à Lagdo. Cette décision qui a fait bouger le landerneau politique local n’a visiblement pas ébranlé Luc Kaga, ses quatre adjoints et les autres conseillers municipaux.  
 

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