Politique

Impact économique du Covid-19 : les 19 mesures présidentielles

Allègements fiscaux, adoucissement de l’exercice de certaines activités, appuis aux entreprises sont entre autres mesures annoncées pour atténuer les effets de la lutte contre la propagation de la pandémie.

Les travailleurs camerounais pouvaient-ils rêver de mieux en cette veille de la fête internationale qui leur est consacrée, dans un contexte mondial marqué par la lutte contre la propagation du coronavirus que le train de mesures décidées le 30 avril dernier par le président de la République ? Certainement pas ! Nombreux sont du reste ceux qui ont été surpris par l’ampleur des décisions annoncées à cet effet par le Premier ministre, chef du gouvernement, sur instructions du président Paul Biya. Pourtant lorsque, toujours à l’initiative du chef de l’Etat, il a ouvert des concertations mardi dernier avec divers acteurs économiques et les représentants des mouvements patronaux, Joseph Dion Ngute avait déjà annoncé la couleur : « Nous avons des propositions à présenter au président de la République. Celles-ci iront au-delà de vos attentes et même de vos secteurs respectifs », déclarait alors le Premier ministre, chef du gouvernement aux représentants des syndicats des transporteurs et du secteur du tourisme. N’hésitant du reste pas à préciser que le président de la République tenait à un aboutissement rapide des concertations pour une adoption d’un train de mesures qui devraient permettre à ces différents secteurs de l’économie nationale, passablement affecté par les effets de la pandémie de retrouver le chemin de la croissance. Jeudi dernier, cela s’est fait dans le cadre d’une déclaration publique du chef du gouvernement. Joseph Dion Ngute a ainsi annoncé 19 mesures décidées par le président de la République.
Celles-ci ne se limitent pas uniquement aux revendications formulées par les différents représentants des syndicats, notamment ceux des transports et des secteurs de l’hôtellerie et du tourisme. Les premiers réclamaient la levée de la mesure de limitation du nombre de passagers à bord des taxis et des bus de transport urbains et interurbains. Cela leur a été accordé, à condition de veiller à ce que tous les passagers arborent le masque devenu obligatoire dans les espaces publics. Bien plus, ils ne paieront pas l’impôt libératoire et la taxe de stationnement, de même que la taxe à l’essieu pour le compte du second trimestre. Une mesure qui pourrait être étendue au reste de l’année 2020 si nécessaire, et qui touche également les conducteurs de motos taxis. 
Exonération tous azimuts…
L’autre partie du secteur informel n’est pas oubliée. Ainsi, les petits revendeurs de vivres, communément appelés « bayam sellam » ne paieront ni l’impôt libératoire, encore moins les droits de place sur les marchés pour le second trimestre de l’année budgétaire en cours. Le secteur de l’hôtellerie et du tourisme souhaitait des allègements fiscaux. Outre les autres mesures touchant les entreprises, celui-ci bénéficie de l’exonération de la taxe de séjour dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration pour le reste de l’exercice budgétaire 2020, à compter du mois de mars dernier. 
Que dire de la mesure de suspension pour une durée de trois mois des contrôles sur place de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) ou encore de l’annulation des pénalités de retard de paiement des cotisations sociales dues à la Cnps sur demande justifiée, lorsque l’on sait que de nombreuses entreprises, dans ce secteur et d’autres qui ont été touchées, ont dû parfois mettre leurs personnels en chômage technique ? A l’instar des propriétaires des débits de boisson et autres établissements de loisirs qui sont désormais autorisés à ouvrir au-delà de 18 h. Bien plus, le président de la République a décidé du maintien pendant les mois de mai, juin et juillet, du paiement des allocations familiales aux personnels des entreprises ne pouvant s’acquitter des cotisations sociales ou ayant mis leur personnel en congé technique en raison de la baisse d’activité dans les secteurs mentionnés plus haut. Mieux, lesdites allocations passent simplement de 2 800 F à 4 500 F. Toutefois, il serait illusoire de penser, comme beaucoup malheureusement, que le Cameroun a déjà tourné la page de cette crise sanitaire. Le président de la République a du reste décidé de proroger de 15 jours renouvelables en cas de nécessité, les autres mesures prises le 17 mars 2020 dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. Paul Biya a simplement décidé de faire supporter par l’Etat, la lourde facture de cette crise, comme le gouvernement le fait déjà en prenant complètement en charge la totalités des soins administrés aux personnes malades.
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