« L’automédication reste un danger pour la santé »

Pr. Angwafo III, Fru Fobuzshi, directeur général de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé.

Comment appréciez-vous le taux de fréquentation de votre formation sanitaire depuis l’apparition de la pandémie du Covid-19 ?


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Depuis le début de la pandémie Covid-19 au Cameroun, le gouvernement a désigné un certain nombre de formations sanitaires dédiées au dépistage et à la prise en charge des cas. L’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) n’en fait pas partie. Cependant, comme beaucoup d’autres formations sanitaires, Hgopy a effectivement été affecté de manière pluridimensionnelle. La partie la plus visible est la baisse drastique de la fréquentation de l’hôpital. Réaction très normale, avec la psychose créée par la prolifération du fléau et ses effets dévastateurs à travers le monde, l’application des mesures gouvernementales pour réduire la propagation, la nécessité de se protéger, d’où confinement, distanciation, entre autres. Pour confirmation, nous pouvons voir les chiffres des deux derniers mois, notamment mars et avril, comparativement à ceux antérieurs. Le taux de consultations chute, 41,9% pour les mois de février, mars et avril 2020 par rapport à la même période en 2019. Le taux d’hospitalisation quant à lui, à chuté de 28,5%.  Pour des besoins de sécurité et protection du personnel et des usagers, les programmes opératoires de travail ont été réaménagés.


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Quels sont les dispositifs mis sur pied pour rassurer les usagers qu’ils sont à l’abri d’une contamination ?


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Hgopy s’est senti interpellé et concerné par la sécurité de son personnel et des usagers au premier chef. L’objectif est d’interrompre la chaîne de propagation éventuelle de la maladie au sein de la structure. Aussi, avons-nous mis en place des dispositifs jugés nécessaires dans la limite de nos moyens, et le strict respect des mesures gouvernementales. A la suite de l’activation de la cellule de gestion de la crise, il s’est agit du port obligatoire et systématique des masques par tous, couvrant entièrement la bouche, le nez et le menton. L’utilisation du thermo flash pour détecter une hyperthermia dès l’entrée à l’hôpital. L’installation du dispositif de lavage des mains à l’eau courante et savon liquide dans toutes les portes d’entrée de l’hôpital et des services. La désinfection des chaussures avec une solution de chlore dans toutes les portes d’entrée de l’hôpital et des services. La matérialisation des points d’attente devant chaque poste d’accueil pour s’assurer du respect de la distanciation physique. Un mètre ½ d’écart entre deux personnes. L’installation des affiches éduquant sur le fléau et comment se comporter. La restriction des visites, un seul garde par malade, pas de visite. L’incinération de tous les déchets hospitaliers y compris les masques jetables utilisés. La désinfection régulière des poignets des portes, les interrupteurs, les claviers, les bureaux, les chaises, les tables de chevets, les lits…etc. La désinfection régulière par pulvérisation des bureaux, salles d’hospitalisation, box de consultations, couloirs, bref tous les espaces hospitaliers. Pour tous, le lavage régulier des mains à l’aide de l’eau courante et du savon ou par utilisation de la solution/gel hydroalcoolique. L’utilisation des visières lors des soins rapprochés et des conseils au personnel pour la gestion de leurs effets personnels lors du retour du travail.


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A l’observation, beaucoup préfèrent recourir à l’automédication. Quels sont les risques liés à ce phénomène ?


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Dans le contexte actuel de pandémie, plusieurs dans la communauté ont certainement eu recours à l’automédication, soit par les médicaments des firmes pharmaceutiques reconnues, ou alors les produits de la pharmacopée africaine. C’est vrai que l’automédication en général reste un danger pour la santé, car l’on n’est pas sûr de la bonne posologie, la gestion des effets indésirables, la qualité des médicaments compte tenu de la contrefaçon, les contre-indications à cause de l’histoire sanitaire du patient qui pourraient s’avérer très nocifs. Faisons confiance à nos dirigeants qui œuvrent sans relâche à sortir notre pays de cette pandémie, avec le moins de pertes possibles en vie humaines, en ressources financières. Pour notre part, l’institution reste disponible et continue à assurer, bien qu’en mode dégradé, ses missions orientées vers la mère, l’enfant et l’adolescent.


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