Redoubler de vigilance !

A moins d’un rebondissement de dernière minute, la reprise des cours sera effective le 1er juin prochain au Cameroun. A titre de rappel, le calendrier scolaire de l’année en cours a été considérablement perturbé par la brusque irruption des cours le 18 mars dernier, en raison de la pandémie du Covid-19. Cette mesure autant drastique qu’inattendue entrait en droite ligne de la stratégie de riposte du gouvernement contre la pandémie dont l’évaluation et le suivi incombent au Comité interministériel crée à cet effet.

Après plus de deux mois d’interruption des cours, les apprenants et les enseignants devraient donc renouer avec le chemin de l’école. Seul bémol : autant la suspension des cours a été unanimement saluée par une grande partie de l’opinion, autant leur reprise éventuelle n’est pas perçue de la même manière par tous. En dépit des assurances données par le gouvernement, des voix discordantes se sont fait entendre ici et là. Certains mouvements associatifs manifestent déjà leur réticence à suivre les directives étatiques « si des dispositions claires ne sont prises pour assurer le retour protégé des élèves sur les campus scolaires ». Selon certains observateurs, l’inquiétude suscitée par la reprise des cours tient au fait que la pandémie qui n’a visiblement pas encore atteint son pic continue de se propager à un rythme inquiétant. Dans un milieu comme l’école, réputé pour une trop grande promiscuité doublée d’une indiscipline caractérisée, le risque est grand que des élèves et étudiants soient des vecteurs involontaires de l’agent infectieux qui pourrait s’introduire plus facilement dans les domiciles privés. Si on peut comprendre les inquiétudes qui se font jour, il y a lieu de rappeler toutefois que l’Etat a déjà pris la mesure des risques encourus et agi en conséquence. On se rappelle que dans une récente déclaration, le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, avait défini les modalités du retour à l’école dans des conditions acceptables. Répercutant les instructions du président de la République, le chef du gouvernement avait alors précisé que la reprise des cours dans l’enseignement primaire et secondaire concernera « exclusivement » les élèves des classes d’examen dans les deux sous systèmes d’éducation, francophone et anglophone. Dans la foulée, les ministres en charge du secteur éducatif avaient été instruits de prendre « toutes les mesures utiles et nécessaires » visant à rendre disponibles à l’entrée de chaque établissement, public ou privé scolaire et universitaire, des kits sanitaires requis tels que les gels hydro-alcooliques, des thermo-flash et des bacs pour le lavage des mains.

Par ailleurs, des dispositions seront prises par les ministres de l’Éducation de base et des Enseignements secondaires « pour assurer la bonne répartition dans les salles des élèves concernés par la reprise des cours, en respectant les règles de distanciation sociale ». Dans cet ordre d’idée, on a appris que le Minedub et le Minesec ont indiqué que les salles de classe ne pourront pas accueillir plus de 50 élèves. En at- tendant d’éventuels réajustements, il convient de rappeler que les précautions nécessaires pour une reprise des cours dans des conditions sanitaires acceptables ne relèvent pas uniquement de l’Etat. Les chefs d’établissement, les parents et les élèves eux-mêmes doivent accompagner les pouvoirs publics dans l’application stricte des mesures barrières connues de tous. De même, les collectivités territoriales dé- centralisées ne sauraient rester indifférentes face à la situation qui prévaut. La santé n’ayant pas de prix, il revient à tous et à chacun de redoubler de vigilance pour éviter qu’une bonne intention ne se transforme en cauchemar .

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