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Il faut faire respecter la réglementation

Les débits de boisson, généralement appelés bars, sont pointés du doigt parce qu’ils sont des lieux potentiellement dangereux où le nouveau coronavirus se multiplie et affecte facilement les consommateurs, les tenanciers et ceux qui assurent le service, du fait de la promiscuité qui y règne habituellement. C’est pour cette raison que dès la prise, le 17 mars 2020, des premières mesures de restriction en vue d’enrayer la propagation du Covid-19 au Cameroun, le chef de l’Etat, Paul Biya, a ordonné la fermeture des bars à 18 h. Mais, compte tenu de l’impact négatif de cette mesure sur l’économie dont le ralentissement commençait à être inquiétant, le président de la République a décidé le 30 avril 2020, de procéder à des assouplissements, en autorisant l’ouverture, au-delà de 18 h, des débits de boissons, des restaurants et des lieux de loisirs, avec obligation cependant pour les clients et usagers de respecter les mesures-barrières, notamment le port du masque de protection et la distanciation physique.

Cependant, force est de constater, plus de deux semaines après l’entrée en vigueur de la mesure d’assouplissement suscitée, la montée en flèche du nombre de personnes testées positif (plus de 6 000 à ce jour) ainsi que des malades décédés (déjà plus de 200). Une situation qui serait la conséquence directe du laisser-aller qui s’est installé dans de nombreux débits de boissons où les gestes-barrières sont foulés au pied. Faites un tour dans n’importe quel bar et vous verrez des consommateurs agglutinés qui n’hésitent pas à se toucher, dans une inconscience et une insouciance que favorise l’ambiance chaude au rythme des musiques endiablées. Nul ne peut nier que le fait d’autoriser la réouverture des bars au-delà de 18h a été interprété, à tort par plusieurs personnes, comme étant synonyme de la fin de la pandémie. Une interprétation qui n’a rien à voir avec l’idée ayant objectivement sous-tendu la décision présidentielle.

Dans la foulée également, les tenanciers des débits de boissons ne respectent pas toujours la réglementation régissant leur activité, en particulier, les heures d’ouverture et de fermeture, qui sont de 6 h à 21 h pour les vente à emporter, et de 6 h à 00 h pour les vente à consommer sur place. Autrement dit, c’est le non-respect des heures de fermeture qui est surtout en cause ici. Une violation susceptible de favoriser la contamination au Covid-19. Pour y mettre un terme, il faut veiller à l’application de la réglementation, d’autant plus que les agents de l’autorité compétente ou de la force publique ont accès aux débits de boissons en vue d’y effectuer tout contrôle jugé nécessaire. Et dans le cas d’espèce, les contrôles permettront de ramener les récalcitrants à l’ordre. Car ils sont légion, les bars où n’existe aucun dispositif de lavage et de désinfection des mains, où le masque de protection n’est guère porté entre deux gorgées de bière, où la distance physique d’1,5 m n’est pas observée entre les clients, etc. Faut-il par ailleurs rappeler que l’article 260 du Code pénal camerounais punit d’un emprisonnement de trois mois à trois ans celui qui, par sa conduite, facilite la transmission d’une maladie contagieuse et dangereuse ? Dans ce cadre, les autorités administratives et municipales, ainsi que les forces de maintien de l’ordre qui avaient déjà été instruites de renforcer les contrôles, doivent être remobilisées pour mettre un terme à ces pratiques susceptibles de mettre en danger la santé des populations .

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