Partis politiques : la vie après les élections

La crise sanitaire est venue s’imposer dans l’agenda des formations politiques au lendemain du double scrutin législatif et municipal de février dernier.

Exit le processus électoral pour l’élection des députés et des conseillers municipaux des 360 communes du Cameroun. Même si pour ce dernier cas, le processus n’est pas encore entièrement terminé avec le contentieux qui doit être vidé au niveau de la Chambre administrative de la Cour suprême. Les partis politiques pourraient ainsi être amenés à passer une année tranquille, après les préparatifs qui ont conduit au double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020. Est-ce pour autant qu’il faut penser que l’on s’accorde des congés dans les différents états-majors ? Certainement pas. Car, si la vocation première des partis politiques, selon la loi fondamentale de notre pays, c’est de participer à l’expression du suffrage, il reste que ceux-ci ont une vie en dehors des élections. Actuellement, le Cameroun comme du reste la plupart des pays du monde fait face à la pandémie du coronavirus qui a amené les pouvoirs publics, dans un souci de préservation de la santé des populations, à proscrire la tenue des regroupements populaires. Les conséquences de cette pandémie se sont du reste déjà fait sentir sur certaines formations politiques. C’est notamment le cas du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) qui a dû commémorer dans la sobriété son 35 e anniversaire le 24 mars dernier ou encore du Social democratic front (SDF), dont le 30e anniversaire de la création, le 26 mai 2020 a été vécu sans tambours ni trompettes. Pour autant, la crise sanitaire actuelle, qui fait déjà de nombreuses victimes, sans distinction aucune, devrait être l’occasion pour certains partis politiques de sensibiliser leurs militants sur les gestes barrières à observer et qui, comme l’indiquent les pouvoirs publics et les autorités sanitaires, sont les principaux freins à sa propagation. On voit ainsi de nombreuses formations politiques se déployer dans ce sens. C’est le cas du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) dont de nombreux élus se déploient sur le terrain dans leurs circonscriptions respectives. C’est également le cas des députés du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) qui se trouvent également dans certaines villes du pays pour apporter du matériel approprié aux populations, comme cela a été le cas à Bertoua. De nombreuses autres formations politiques se sont lancées dans cette sensibilisation.

Toutefois, sur un plan purement politique, les partis politiques ont de quoi s’occuper. Elections Cameroon (Elecam), l’organisme en charge de l’organisation du processus électoral et référendaire a en effet procédé le 9 avril dernier sur l’ensemble du territoire, au lancement de la révision des listes électorales pour le compte de l’année 2020. Les partis politiques sont en effet appelés à siéger au sein des commissions mixtes prévus à cet effet par la loi portant Code électoral, notamment dans les communes où ils sont représentés. Il convient de rappeler que ce sont ces commissions qui vont jusqu’à la distribution des cartes aux électeurs. Le contexte sanitaire actuel ne permet certainement pas le même déploiement observé avant les élections de février dernier. Mais en tant que membres desdites commis- sions, les partis politiques ont le droit de désigner leurs représentants au sein de ces instances qui siègent dans les démembrements territoriaux d’Elecam. Les partis politiques ont également des administrations qui fonctionnent au quotidien. Sur le plan interne, et de l’avis du politologue Manassé Aboya Endong, ce moment peut être propice à la formation des militants et au recrutement de ceux qui pourraient être intéressés par le projet de société que l’on présente. Il n’y a donc pas de raison de penser que ceux-ci font portes closes en attendant les prochaines élections .

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