Des signes trompeurs au commencement

Les symptômes qui s’apparentent à ceux du paludisme déroutent bien des malades et permettent à l’infection de gagner du terrain.

C’est le 24 avril dernier que Daniel B, jeune photographe commence à se sentir mal. Comme tous les samedis matin, dès 5 h, il va au sport. Une heure plus tard, après une bonne douche, il retourne dans son lit. A son réveil, un malaise anormal survient. Grosse fatigue, nez qui coule sans arrêt. « Quelle idée d’aller courir à 5 h du matin sans gants et sans bonnet ? J’ai sans doute attrapé le froid », se dit-il. Sur le coup, il prend par instinct de la vitamine C. Deux jours après, aucun changement. Tout au contraire, son état de santé se détériore. « J’avais des douleurs aux articulations. Je me disais que ce n’était rien de grave puisque j’avais fait le sport la veille. Je n’avais pas de fièvre, mon thermomètre indiquait 37. Je ne toussais pas. Mais lors des repas, les aliments avaient un goût que je ne connais pas, on dirait même qu’ils n’avaient pas de goût », raconte Daniel. Le lundi 27 avril, tout s’accélère. Malgré la prise des médicaments, rien ne change. Le goût est complètement altéré, l’odorat est absent. « La prévention étant mère de sûreté, ma femme et moi décidons de faire chambre à part. Dans ma tête, je m’interroge : est- ce le coronavirus ? J’essaie de mettre ensemble tous les symptômes que je présente. Mais à la radio, on ne parle pas de perte de goût, ni d’odorat comme symptômes. Je m’endors anxieux en promettant d’appeler le 1510 le lendemain matin », poursuit-il. Mardi matin, Daniel compose le 1510. Au bout du fil, un médecin recueille des informations sur son état de santé. Après des explications, le médecin annonce à Daniel qu’il ne souffre pas du coronavirus, plutôt d’un gros rhume. Soulagement, mais également petite inquiétude. Il n’est pas rassuré. Il décide quand même de se faire tester en faisant appel à un ami médecin. Ce dernier, le rassure de l’arrivée d’une équipe médicale dès le lendemain pour un prélèvement et une désinfection de son appartement. Une journée très longue s’annonce pour Daniel. Ayant décidé de se mettre en quarantaine, les mouvements sont devenus très limités pour lui. Le lendemain, l’équipe médicale constituée de trois personnes, toutes vêtues de combinaisons blanches, désinfectent la maison et le prélèvent. Ses résultats lui seront communiqués deux jours après. Le 1 er mai, à 10 h, le verdict tombe : Daniel est positif au coronavirus. Sans paniquer, il informe sa hiérarchie, sa famille et décide avec le personnel de santé de se faire soigner à la maison. Il reste isolé dans sa chambre pendant pratiquement trois semaines. Une ordonnance lui est envoyée. Il devra s’acheter ces médicaments et les boire. En plus de cette prescription, la famille de Daniel lui recommande des potions traditionnelles : l’« Ekouk » et le « N’fol », arbres de nos forêts. Traitement qu’il respecte à la lettre. A date, Daniel a été à nouveau testé. Son résultat s’est révélé négatif. Le jeune homme a repris le service et rencontre ses amis, même si c’est à distance cette fois. La maladie lui aura fait tirer de grandes leçons .

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category