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Société

Veillées funèbres : interdiction dans le Centre

Décision prise mercredi dernier par le gouverneur, Naseri Paul Bea, en vue de limiter les attroupements qui causent des contaminations au Covid-19. Les populations peinent à accepter.

«Si le blé, tombé en terre refuse de mourir, la grain de moisson de l’espoir des hommes ne pourra jamais fleurir » ! Un refrain de musique religieuse chanté à tue-tête la nuit de jeudi dernier par Chancelle N. Elle pleurait une amie proche, décédée des suites d’un accident de la circulation. A côté d’elle, des dizaines d’autres en pleurs, pensifs ou serrant une tasse de café ou de thé entre les mains. C’était une veillée avec corps de la défunte organisée au quartier Biyem-Assi à Yaoundé. La chorale appuyée par une fanfare, a tôt fait de s’étoffer d’adhérents volontaires et, pour la plupart, ayant rangé leurs masques de protection en dessous du menton ou dans le sac. Souci, ils ont oublié la mesure prise la veille par le gouverneur de la région du Centre. En effet, Naseri Paul Bea a instruit les préfets dans la région, de mettre un terme à l’organisation des veillées et autres rituels en marge des obsèques. Motif, ces cérémonies engendrent des attroupements de personnes et les mesures barrières ne sont pas toujours respectées. Ce qui contribue à propager le coronavirus dans la communauté.

Sur les motifs de cette décision, le gouverneur explique que « la tradition où il y avait des veillées et des enterrements en pompe continuent d’exister, malgré les mesures barrières mises en place par l’Etat. D’autres barrent même encore des routes à Yaoundé pour faire des veillées sans respecter toutes ces mesures. La plupart des personnes qui s’y sont rendues, sont rentrées contaminées ».

Selon lui, quand quelqu’un décède d’autre chose que du Covid-19, cette personne sera inhumée en attendant de préparer les grandes veillées et solennités. Pour y parvenir, Naseri Paul Bea compte sur le soutien des chefs de village, des autorités administratives, des forces de maintien de l’ordre qui vont veiller à ce qu’on évite trop de contact lors des enterrements. Sauf que les familles ne s’y sont pas réellement préparées. Vendredi dernier, après la levée du corps de son défunt père à la morgue de l’Hôpital central de Yaoundé, Gaspard T. ne pouvait plus rattraper les programmes d’obsèques déjà distribués. «C’est un peu compliqué mais nous avons prévu de distribuer quelques masques aux personnes qui n’en auront pas », dit-il. Christelle Kamga aussi est en plein dans l’organisation des obsèques de son père. Elle a déjà établi un programme pour le weekend du 12 au 13 juin, avec une grande veillée au domicile du défunt. La famille envisage de trouver des alternatives pour faire respecter les mesures. L’accompagnement des défunts devra se faire dans la stricte intimité familiale.

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