Economie

Impact socioéconomique du Covid-19 : les entreprises et les ménages résilients

L’Institut national de la statistique vient de publier les résultats de son enquête réalisée auprès de ces composantes pour mieux évaluer les effets de la pandémie au Cameroun.

L’Institut national de la statistique (Ins) vient de publier les résultats de la phase 1 de l’évaluation des effets socioéconomiques du Coronavirus au Cameroun. Ils sont issus d’une enquête réalisée auprès des ménages et des entreprises du 27 avril au 10 mai 2020, réalisée avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il était globalement question d’apprécier les principaux canaux de transmission des impacts économiques et sociaux de la pandémie sur les entreprises et les ménages; d’identifier les branches d’activité les plus affectées; d’apprécier l’incidence immédiate de la crise sur les emplois et autres. En lisant les conclusions, il en ressort une résilience sociale et économique des populations et des entreprises qui a permis de contenir les effets attendus de la pandémie du Covid-19. Dans la même veine, le contrôle des prix et l’approvisionnement ont limité l’inflation. Par contre, il y a eu une contraction de la demande intérieure en même temps qu’il demeure un risque sur la préservation des emplois. Un échantillon assez représentatif, autant au niveau des entreprises que pour les ménages, a permis d’aboutir à ces conclusions et à formuler des recommandations.

Impact sur les entreprises

Pour cette étude, 770 entreprises ont été analysées, tout secteur et toute taille confondus. 93% des chefs d’entreprise avouent que les activités de leurs unités de production ont été négativement impactées. Parmi ces entreprises négativement touchées, 14% du secteur informel et 18% des PME sont en situation d’arrêt temporaire ou définitif. Cependant, 25% des promoteurs du secteur de la santé déclarent un effet positif. En outre, les entreprises les plus affectées négativement se retrouvent dans l’éducation, la sylviculture, l’hébergement et la restauration. Dans le rapport, on peut également lire que la quasi-totalité des chefs d’entreprise (95%) estiment connaitre une baisse de la demande intérieure et 76% déplorent une baisse de leur approvisionnement intérieur. 90% d’entreprises éprouvent des difficultés à écouler leur production. On note aussi une baisse de l’activité chez les grandes entreprises et une bonne partie évoque comme raison, la fermeture des frontières. S’agissant des difficultés liées au financement extérieur, 70% d’entreprises impactées négativement par le Covid-19 l’ont relevé. Parlant des emplois, 55% d’entreprises ont revu les effectifs employés à la baisse depuis le début de la pandémie. Les branches les plus touchées sont l’éducation (92%), l’hôtellerie et restauration (71%), extraction (76%) et sylviculture (73%). L’Ins relève que plus de la moitié des chefs d’entreprise interrogés souhaitent la levée de certaines contraintes pour permettre à l’entreprise de fonctionner mais aussi des amendements à la politique fiscale et l’aide pour une relance de l’activité économique.

Impact sur les ménages

Plus de 1000 personnes ont été prises comme échantillon. Ici, on peut retenir qu’on est face à une population qui a connaissance de l’existence du Covid-19. Il est aussi grand le pourcentage des personnes qui respectent les mesures barrières, notamment le lavage/désinfection des mains (97%), le port obligatoire de masques dans les lieux publics (97%). Par contre, on relève un faible niveau de dépistage déclaré couplé à une faible prévalence déclarée. La pandémie a aussi impacté les modes de vie de la population avec une dégradation du niveau de personnes (60%). Le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, Douala et les personnes très pauvres sont les plus concernés par cette dégradation. Au final, les populations suggèrent des mesures d’aide pour les plus pauvres en leur distribuant des kits de protection, des produits de première nécessité, la baisse des prix des hydrocarbures pendant le confinement.

Recommandations  

L’Ins formule, au terme de cette première étude, quelques recommandations. Prenant le volet des entreprises, il recommande d’atténuer les effets sur la trésorerie des entreprises ceci en apurant le stock des crédits de Tva, de poursuivre l’apurement de la dette intérieure, l’annulation et/ou l’accord de moratoires pour le paiement de certains impôts...Il invite aussi le gouvernement à participer à la relance de la demande intérieure, l’atténuation des effets sur les coûts de production et sur les réductions d’employés. Pour les ménages, il faudrait poursuivre la mise en place des mesures barrières les plus importantes en vue d’empêcher la propagation du virus; intensifier les opérations de dépistage systématique et de campagnes de désinfection des lieux publics; sensibiliser la population à la non stigmatisation des personnes atteintes du Covid-19; garantir un approvisionnement suffisant en produits alimentaires via les activités de la Mirap, entre autres. Il faut relever que nombre de ces recommandations sont déjà mises en œuvre par le gouvernement.

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