Livre : réflexion sur une fraternité nationale

Dans son dernier ouvrage, l’anthropologue Pr Paul Abouna explore la piste de la consanguinité des Camerounais.

Au Cameroun, l’on savait les peuples proches par les liens de mariage. Mais il se peut qu’ils le soient davantage aussi par le sang. C’est du moins la thèse soutenue par le chercheur camerounais Paul Abouna qui vient de mettre en évidence une consanguinité ignorée entre les peuples du Cameroun. Dans son dernier ouvrage intitulé : « Peuples du Cameroun : anthropologie d’une fraternité méconnue », le maître des Conférences se plonge dans les confins de l’anthropologie biologique pour révéler une proximité méconnue entre de nombreux peuples du pays. De quoi secouer les évidences. 


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Pour l’auteur, il n’existerait pas près de 300 ethnies dans notre pays, mais plutôt moins d’une cinquantaine. L’anthropologue dresse alors des listes de diasporas ethniques où il regroupe ces peuples séparés lors de ce qu’il appelle « Big-Bang migratoire du passé du Cameroun », à partir de critères tels que l’homonymie ou la dialectique singulier-pluriel, s’appuyant sur d’autres travaux comme ceux du Pr. Jean Tabi Manga. Et le chercheur est formel : « Aucune ethnie n’est un isolat », affirme-t-il en invitant de ce fait le Cameroun à repenser sa mémoire de consanguinité. Ce qui pourrait, selon lui, « aider à une meilleure acceptation de l’autre ». Une thèse appuyée par le Pr. Mathias Owona Nguini dans la postface pour qui « l’ignorance des liens de consanguinité et de fraternité est le facteur explicatif des conflits sociaux ».     


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Le livre du Pr Paul Abouna est une invite à « une identification des différentes diasporas nationales et à la définition de nouveaux codes sociaux ». Bien plus, l’ouvrage préfacé par le Pr. Bondje Edjenguele est aussi une exploration des problèmes qui minent l’interaction communautaire entre les grands groupes ethniques du pays. Il en revisite l’histoire depuis l’Indépendance pour faire observer une interaction à chaque fois dominée par une position de « un contre tous » qui a, à un moment donné, concerné à tour de rôle les bassas, les bamilékés, les ressortissants du grand Nord, les bétis. Ceci, en rapport avec la vie politique du pays. Et il ne manque pas d’aborder pour les déconstruire les termes péjoratifs employés pour désigner l’autre. Ainsi, aux côtés de l’interculturalité et du multiculturalisme exaltés pour un mieux-vivre dans notre société, Paul Abouna propose d’explorer la co-culturalité, pour un vivre-ensemble harmonieux dans la mère-patrie, que dis-je ? Dans la « Camerfratrie ».


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