Société

Entreprise : du rififi à Nextel

Un mouvement d’humeur entamé depuis jeudi par une partie des employés de cet opérateur de téléphonie mobile.

Une partie des employés de Nexttel se réclamant du Syndicat national autonome des travailleurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Syntic), s’est mise en « grève illimitée et pacifique » pour compter du jeudi 11 juin 2020. Elle occupe l’entrée de la direction générale de l’entreprise à Akwa avec force pancartes et autres écriteaux barrés de slogans mettant en exergue leurs réclamations. Au nombre des revendications évoquées, la réduction de 50% de manière unilatérale depuis le 23 mars 2020 des salaires des employés, le refus de l’instauration du dialogue social par la hiérarchie ayant entraîné des affectations non justifiées et des licenciements abusifs de sept employés syndiqués, etc. Et de demander la réintégration des employés abusivement licenciés ; le reclassement selon l’ancienneté inexistant depuis la création de l’entreprise, la réinstauration des congés annuels payés, l’élection des délégués du personnel, etc. Pour l’un des porte-paroles sous anonymat, la grève va se poursuivre jusqu’à ce qu’ils soient rétablis dans leurs droits avec, espère-t-il, le concours du ministère du Travail et des régulateurs pour que cessent les abus et frustrations connus par les employés jusque-là.
La direction générale elle, tout en marquant sa surprise quant à cette grève soudaine qui porte un coup à l’image de l’entreprise, se veut sereine et rassurante, d’autant plus que le travail se poursuit en interne. Constat vérifié à l’issue de la conférence de presse donnée par Nyoh Moses, coorporate manager, Moussa Ousseini, directeur de la communication et Longso Massil Ledoux, directeur de l’audit interne, du contrôle et des risques. Pour les trois responsables, le Syndic n’a aucun certificat d’enregistrement délivré par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Il est donc illégal. Ils demandent aux grévistes de prouver la baisse des salaires de 50% par la production de leurs bulletins de paie. L’élection du délégué du personnel est une préoccupation au sein de l’entreprise et va se tenir dans les meilleurs délais, cette dernière étant plus occupée pour l’instant à maintenir la qualité du réseau et la sécurité des emplois et résorber la crise qu’elle traverse. Le 13e mois est une gratification payée lorsque l’entreprise est rentable en fin d’exercice, mais en déficit ces derniers temps, il est momentanément interrompu. Ces responsables soutiennent également qu’il n’y a pas de problème de salaires. Ces derniers sont toujours payés à temps.
Les prochains jours nous diront sans doute si la connexion est rétablie entre les deux parties. Reste que pour l’instant, aucune des parties ne veut décrocher pour écouter les revendications ou les explications de l’autre.
 

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