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Culture

Nécrologie : « Mama Nguéa » prend la route du non-retour

La chanteuse a rendu l’âme hier à son domicile à Douala.

La nouvelle est tombée ce dimanche 14 juin 2020 aux environs de 11h : Nguéa Laroute est décédée. La chanteuse a rendu l’âme à son domicile à Kotto, dans la ville de Douala, des suites de maladie à l’âge de 60 ans. C’est le bout d’un chemin marqué par de longs mois, depuis l’année dernière, d’allers-retours à l’hôpital. Une période où sa santé va grandement se dégrader et elle perdra ses deux jambes, amputées en l’intervalle de trois mois. La gauche en octobre 2019 et la droite en janvier 2020. Et l’artiste n’aura pas connu de répit pour ses derniers jours dans le monde des vivants. En effet, comme le témoigne son frère ainé Abel Ebeni, après un récent séjour à l’hôpital de la Garnison militaire de Douala où elle aura passé quelques jours dans un état grave, Nguéa Laroute avait repris des forces et été ramenée à la maison. Mais peu de temps après, elle retombe dans le coma, entamant ainsi son voyage vers l’inéluctable.

Toutefois, sa fille Monique Djambon tient à faire une précision : ce n’est pas son diabète, diagnostiqué quand elle avait 42 ans, qui l’a emportée. Ses jambes amputées avaient complètement cicatrisé. Non, Nguéa Laroute s’est éteinte à la suite de problèmes cardiaques, découverts l’année dernière lors de la première amputation. Et bien que mal en point, « Mama Nguea » refusait de laisser la maladie lui dicter sa conduite. Parce qu’elle était comme ça, témoignent ses proches, une femme de caractère. Elle ne mâchait pas ses mots. Mais Louise Koubinom de son vrai nom avait aussi grand cœur. Une femme serviable, une mère même pour ses danseuses qui n’hésitaient pas à relayer les membres de la famille pour prendre soin d’elle à l’hôpital.

« Mama Nguéa », nom que lui avait donné son confrère artiste Papa Zoé au début de sa carrière il y a près de trente ans, lègue à la postérité une dizaine d’albums de makossa. Elle aura fait bouger les pistes de danse dans les années 90 et 2000. Parmi les titres qui ont fait son succès, on peut citer « Désillusion », « Bossinga », « Unité », « Zouk Banen », « Ebonga Londo » ou encore « Soleil de décembre ». Une belle carrière au final pour celle qui aura été l’une des figures féminines proéminentes du makossa. Pourtant, rien ne la prédestinait à une carrière musicale, elle qui à l’origine est plutôt coiffeuse et maquilleuse.

Mais Louise Koubinom a une belle voix et elle aime chanter. Elle commence à faire les chœurs pour le groupe de son frère Ferdinand Din Din alias Papillon. Et devant son talent, ce dernier l’encourage à se lancer dans une carrière musicale. « Mama Nguea » va suivre ce conseil. En 92, elle coproduit avec Papillon, son premier album arrangé par le bassiste Jeannot Ebelle et intitulé « Fou-Malade ». Le point de départ d’une carrière marquante. Qui s’est éteinte sous ce soleil de juin 2020 .

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