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Burundi : l’ère Ndayishimiye s’ouvre

Le nouveau président élu le 20 mai dernier sera investi demain, soit deux mois avant la date initialement envisagée, du fait du décès soudain de l’ex-président Pierre Nkurunziza.

Conformément à la décision de la Cour constitutionnelle vendredi dernier, Evariste Ndayishimiye prendra fonction à la magistrature suprême du Burundi plus tôt que prévu. La cérémonie d’investiture aura lieu demain jeudi 18 juin (au lieu du 20 août) dès 11h à Gitega à l’Est de Bujumbura, la capitale politique. Une note du ministère des Affaires étrangères invite les représentations diplomatiques au Burundi à y prendre part. En principe, en cas de vacance, au sommet de l’Etat, la loi fondamentale dispose que l’intérim soit assuré par le président de l’Assemblée nationale. Or vendredi dernier, l’auguste cour avait objecté, arguant que l’objet de cet intérim disparaissait par le fait juridique de l’existence du président élu. Elle avait alors ordonné une prestation de serment dans les plus brefs délais. Ce sera fait demain.

Evariste Ndayishimiye prêtera serment pour un mandat de sept ans. Elu à la présidentielle du 20 mai dernier, il est un homme du sérail. C’est de son poste de secrétaire général et n°2 du Cndd-Fdd dirigé par le défunt Pierre Nkurunziza qu’il a été désigné candidat du parti au pouvoir lors d’un congrès extraordinaire. On le présente comme l’un des piliers du système conduit depuis dix ans par son prédécesseur dont il était très proche. Sous le régime de ce dernier, il a occupé des postes- clés dans le gouvernement où il a été tour à tour ministre de l’Intérieur, ministre de la Sécurité publique, chef de cabinet militaire puis civil du chef de l’Etat. Evariste Ndayishimiye est né en 1968 à Musama en zone Kabanga, province du Gitega (centre), l’actuelle capitale politique du Burundi. De 1991 à 1995, il marque son premier passage à l’Université du Burundi « où il a eu le diplôme des candidatures en Droit », selon un CV élaboré par lui-même. Après les massacres des étudiants en 1995, Evariste Ndayishimiye quitte l’institution pour rejoindre les Forces de défense de la démocratie (Fdd), un mouvement né après l’assassinat du premier président démocratiquement élu au Burundi, Melchior Ndadaye. Ayant été parmi les précurseurs de la lutte pour la démocratie menée par le mouvement Fdd, Evariste Ndayishimiye est propulsé à la tête de la délégation de ce mouvement pour les négociations avec le gouvernement de transition, lesquelles ont abouti à la conclusion de l’accord de cessez-le-feu du 16 novembre 2003. Il en sort pour être membre de la Commission mixte de cessez- le-feu. En 2004, il est chef de l’Etat- major de la logistique à la Force de défense nationale (Fdn) jusqu’en 2006. De 2012 à 2014, il reprend ses études à l’Université Sagesse d’Afrique où il obtient le diplôme de License en droit. Il est militaire de formation et a commandé les unités de combat du Cndd-Fdd de 1995 à 2003 .

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