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Burundi : les priorités d'Evariste Ndayishimiye

Le nouveau chef d’Etat a prêté serment hier. Ses priorités : l’organisation des obsèques de son prédécesseur, mais aussi l’unité nationale et le développement du pays.

Ça y est ! Evariste Ndayishimiye est le désormais chef d’Etat du Burundi. Il a prêté serment hier au stade Ingoma de Gitega, la capitale administrative du pays en présence des corps diplomatique, judiciaire, religieux, de l’armée, du parlement, du gouvernement, etc. La cérémonie d’investiture, sobre, était présidée par l’archevêque de Gitega, Simon Ntamwana qui a tenu ces propos à celui qui conduira pendant les sept prochaines années, la destinée du Burundi : « Je sais que tu as la crainte de Dieu…Fais tout pour ramener au pays les réfugiés burundais dispersés dans des camps ainsi que les intellectuels en exil afin de leur permettre de contribuer à la construction de la nation ». L’archevêque l’a aussi exhorté à réconcilier le pays avec la communauté internationale. Le nouveau chef de l’Etat a promis de mettre toute son énergie à assurer l’unité nationale et la cohésion entre les Burundais. La vacance du pouvoir n’a donc duré qu’une dizaine de jours. Evariste Ndayishimiye prend ainsi la tête d’un pays dont l’histoire est marquée par des crises politiques et sociales meurtrières et une longue période de guerre civile qui a fait plus de 300 000 personnes entre 1993 et 2006. 
D’énormes défis attendent celui qui est présenté comme l’héritier de son prédécesseur, le défunt Pierre Nkurunziza. L’organisation des obsèques de ce dernier fait partie des urgences. L’ex-président de la République est décédé le 8 juin dernier de suite d’un malaise cardiaque, selon des sources officielles. Il va surtout gérer des rancœurs sociales et politiques. L’opposition avait bruyamment contesté les résultats de l’élection présidentielle du 20 mai dernier qui l’a porté à la magistrature suprême. Ce qui a été qualifié par certains de hold-up électoral reste encore en travers les gorges. Ces opposants auxquels s’ajoutent les acteurs de la société civile et des journalistes se souviennent aussi des exactions causées par le parti au pouvoir, le Cndd-Fdd. On attend du nouveau président, l’apaisement du climat politique. Les analystes s’interrogent sur la capacité du nouvel homme à s’affranchir des généraux d’armée, très puissants, qui détiennent en réalité le pouvoir et de réconcilier un pays encore traumatisé par la crise de 2015. D’aucuns pensent que s’il cherche à réformer, « il risque de se heurter à des réticences de la part de ces généraux qui ont intérêt à se protéger », affirme une source de l’Initiative pour les droits humains au Burundi. Evariste Ndayishimiye pourrait chercher à sortir son pays de sa pauvreté. Un pays classé parmi les trois plus pauvres du monde, selon le classement de la Banque mondiale. Plus de 75% de la population vit en-dessous du seuil de la pauvreté.
 

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