Politique

« Le président de la République tient à la réussite de ces centres »

Francis Faï Yengo, coordonnateur national du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CNDDR)

Dix-huit mois après sa mise sur pied, quel bilan faites-vous des activités du CNDDR ?

Les gens parlent beaucoup de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Il nous incombe d’informer régulièrement l’opinion pour éviter la circulation de fausses informations sur ce que fait cette structure mise sur pied par le président de la République. A ce jour, nos principales activités se déroulent dans les centres régionaux qui se trouvent à Buea, Bamenda et Mora. Nous avons des ex-combattants dans ces structures qui répondent à l’offre de paix faite par le président de la République. S’agissant du Centre de Buea, nous en avons environ une centaine, 115 à Bamenda et 144 à Mora. Ces chiffres excluent les personnes dont nous avions jugé les cas pas suffisamment préoccupants, mais qui ont été mis dans la vie active. C’est un volet qui continue. A ce niveau, nous en comptons une soixantaine. S’agissant du fonctionnement, nous recevons des ex-combattants qui viennent soit volontairement, ou par le biais des autorités morales, les maires, les chefs traditionnels… D’autres sont conduits dans les centres par les éléments des forces de défense et sécurité. La première action consiste en la déradicalisation parce que l’état dans lequel se trouvent certains d’entre eux est souvent préoccupant. Certains arrivent malades. Pour information, une part importante de notre budget est consacrée aux soins de santé.

Quelles sont les opportunités qui leur sont offertes en termes de formation notamment ?

A la fin du processus de déradicalisation, nous avons une série d’activités qui sont menées au profit de ces jeunes. L’ultime but que nous recherchons, c’est en faire à nouveau des citoyens normaux. Nous leur offrons des opportunités dans les secteurs de l’élevage, l’agriculture, les autres métiers à l’instar de l’informatique, la construction, la conduite automobile, l’électricité également. Mais la majorité s’oriente vers l’agriculture et l’élevage. Ils ne restent pas à dormir dans les centres. C’est vrai qu’il y a des activités ludiques. Au niveau de Mora, les jeunes étaient au niveau de la Force mixte multinationale (FMM). Il y a quelques jours qu’ils ont intégré le centre qui se trouve à Meri. Au niveau de Yaoundé, nous sommes en liaison constante avec nos partenaires du Système des Nations unies et les autres. Nous cherchons des opportunités en termes de formation notamment. Des missions sont parties d’ici pour certains pays. Je suis personnellement allé dans un centre de déradicalisation au Maroc. Il s’agit de voir comment cela se passe ailleurs afin de ne pas commencer à zéro.

Au-delà de la formation qui est offerte, ont-ils des moyens pour s’installer à leur compte pour ceux qui le veulent par exemple ?

La réintégration est un long processus. Les moyens sont là. Lorsque nous allons constater que toutes les garanties sécuritaires sont offertes, ils vont s’installer avec des moyens qui seront mis à leur disposition pour ceux qui voudront être à leur compte.

On parle beaucoup plus des Centres installés dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Qu’en est-il de Mora ?

Le Centre de Mora est plus ancien que les autres, sans doute parce que la crise née des exactions de la secte terroriste Boko Haram est plus ancienne. Ce centre fonctionne avec l’appui des partenaires du Cameroun, à l’instar de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Il bénéficie également de l’appui des autres structures du système des Nations unies comme l’UNESCO. Il se trouvait encore provisoirement installé au niveau de la FMM. Actuellement, ils ont été transférés à Meri qui a été réhabilité. Les pensionnaires auront les activités qui conviennent ici, parce qu’il faut relever que les activités se font en fonction de l’environnement socio-culturel. A Mora, c’est l’élevage qui domine. Nous allons régulièrement sur les lieux.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans le fonctionnement de ces structures ?

La première difficulté est due au fait que les enfants ne viennent pas au rythme que nous souhaitions. Ceci pour plusieurs raisons. Ils sont allés en brousse parce qu’ils ont été entraînés dans une aventure qu’ils ne maîtrisent pas. L’initiative du président de la République est fort louable, nonobstant les actions de certains qui essaient de continuer à menacer ces enfants qui, il faut le dire gagneraient à rejoindre les structures qui ont été mises sur pied. Ceux qui nous rejoignent sont bien pris en charge. Nous menons de nombreuses actions de sensibilisation pour les rassurer. La difficulté est moins liée au financement qu’à toute autre chose. Ce projet tient le président de la République à cœur et il a mis les moyens nécessaires pour cela.

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