Mise en place de l’Eco : le plaidoyer de Buhari

« Cela me donne un sentiment de malaise que la zone Uemoa souhaite reprendre l'Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres Etats membres de la Cedeao », s’est indigné mardi dernier, Muhammadu Buhari, président du Nigéria. Il exprimait sa préoccupation et relayait l’embarras des membres anglophones de cette communauté économique au moment où on s’achemine vers le lancement de la monnaie unique. La problématique est la suivante : La monnaie Eco est une initiative de la Cedeao (Communauté économique et douanière des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et c’est cette dernière qui a retenu ce nom. Que l’Uemoa (Union économique et monétaire Ouest-africaine) veuille mettre l’Eco en place sans le Nigeria, un poids lourd de cette communauté économique s’apparente à un tour de force. Et le Nigéria (derrière lequel s’alignent plus ou moins la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone) n’est pas prêt à avaler cette couleuvre. En fait, la position du Nigéria est connue depuis la création de l’Eco, lui qui a toujours dénoncé la décision des pays francophones qui forment l’Uemoa de remplacer le Franc CFA par l’Eco sans un consensus général au sein de la Cedeao. 
Intervenant en marge d’une réunion extraordinaire virtuelle de l’autorité des chefs d’Etat et de gouvernement de la Zone monétaire Ouest-africaine (ZMAO), le président nigérian a dit qu’ « il est inquiétant que des gens avec lesquels nous souhaitons adhérer dans un groupement commun prennent des mesures importantes sans nous faire confiance pour en discuter », avant d’insister sur la nécessité d’adopter une position commune. Derrière le plaidoyer de Buhari, il y a surtout la question des critères de convergence, talon d’Achille du Nigeria et des pays de la ZMAO. Une demande avait déjà été formulée en février par le Nigeria aux fins d’une « prolongation du délai pour le lancement de l’Eco prévu en principe avant la fin de l’année 2020. Visiblement, le souhait n’a pas rencontré l’assentiment des dirigeants de la zone Uemoa qui, sous la houlette du président ivoirien, semblent ne pas vouloir faire marche arrière sur leur volonté d’adopter la monnaie unique. Le fossé semble se creuser entre les membres de la Cedeao au sujet de l’Eco. Un tournant décisif de l’histoire qui peut déchirer ou consolider les liens dans cette communauté.
 

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