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Barrage de la Renaissance sur le Nil : la mise en eau reportée

Le dossier sera en examen ce jour au Conseil de sécurité de l’ONU en vue d’une solution qui arrange les trois parties : l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan.


« Un accord final légalement contraignant et visant à prévenir toute action unilatérale, y compris la mise en eau du barrage, va être envoyé au Conseil de sécurité des Nations unies afin qu’il y soit examiné lors de sa réunion de lundi, (ce jour, Ndlr) », a annoncé la présidence égyptienne. Le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, a confirmé l’information : « La mise en eau du barrage sera reportée jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé ». Cette mise en eau est la pomme de discorde entre l’Ethiopie qui a construit l’ouvrage, l’Egypte dont les ressources hydrauliques dépendent du Nil à 97% et le Soudan, aussi riverain du fleuve.
Faut-il le souligner, l’Ethiopie souhaitait lancer, dès que possible, la mise en eau de son gigantesque barrage, le plus important en Afrique. Le pays était déterminé et la décision de surseoir a été conclue sous l’égide de l’Union africaine. Cette avancée est survenue après une réunion en urgence et en visioconférence du conseil exécutif de l’Union africaine, présidée la semaine dernière par le chef d’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa.
L’Ethiopie compte sur le Barrage de la Renaissance pour multiplier ses capacités de production électrique et sa commercialisation, mais l’Egypte et le Soudan craignent qu’il ne réduise leur accès à l’eau, particulièrement pendant la période de remplissage. L’Egypte, qui considère donc ce projet comme une menace « existentielle », a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir. Une nouvelle réunion du Conseil doit avoir lieu ce jour. Le Nil, qui coule sur quelque 6 000 km, est une source d’approvisionnement en eau et en électricité pour une dizaine de pays d’Afrique de l’Est. L’Egypte tire la quasi-totalité de ses ressources en eau de ce fleuve. 
Le projet de mise en eau du barrage a créé de sérieux des accords entre les parties, notamment entre l’Ethiopie et l’Egypte au point où, au lendemain de sa désignation comme Nobel de la paix, le Premier ministre éthiopien avait pris le monde entier de cours en affirmant que son pays n’hésiterait pas à prendre les armes si cela était nécessaire, pour atteindre son objectif par rapport au projet. Dans cette guerre froide, plusieurs médiations se sont avérées jusqu’ici infructueuses. 
 

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