Situation économique en zone Cemac : une forte récession envisagée

Selon le scénario de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, le taux de croissance de la sous-région est projeté à -5,9% pour 2020, de fait de la pandémie du Covid-19.

Une fois de plus, des chiffres viennent étayer l’impact du Covid-19 sur les économies du monde. Et ce n’est pas la sous-région Afrique centrale, avec son économie peu offensive, qui va y échapper. -5,9% ! C’est le taux de croissance envisagé par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) pour cette partie du continent en cette année 2020. Cette récession aura un impact sur l’inflation estimée à 2,5%, contre 1,9% en 2019. Quant au solde budgétaire, évalué à 0,2% du Pib de la Cemac en 2019, il pourrait descendre à -6,2% en 2020. Ces données et bien d’autres ont été révélées la semaine dernière, au terme de la deuxième session du Comité de politique monétaire (CPM), présidée par Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC.

Mais le tableau n’est pas complètement noir. Dans le communiqué ayant sanctionné les travaux, le président du CPM indique que « les financements extérieurs mobilisés par les Etats pour faire face à la pandémie covid-19 ont permis de limiter ses effets sur la situation monétaire. » A titre d’illustration, les réserves de change ont connu une hausse par rapport à l’année dernière. A fin mai 2020, elles ont accru de manière à permettre de couvrir près de six mois d’importations. D’une manière générale, la perturbation enregistrée dans les circuits d’approvisionnement en produits importés, mais aussi les mesures restrictives prises par les gouvernements pour contenir les effets de la pandémie y sont pour quelque chose. Pour ce qui est du taux de couverture de la monnaie, il s’établit à 78% à fin mai 2020, mais pourrait diminuer à 55%, contre 67% à fin décembre 2019. Ceci en fonction du cours moyen du baril du pétrole brut, mais aussi de la durée et de la réponse internationale à la crise sanitaire.

Toutefois, la BEAC relativise ces perspectives. « Ces prévisions sont largement dépendantes de l’évolution de la pandémie et de l’efficacité des mesures sanitaires et macroéconomiques qui sont mises en œuvre dans la sous-région, en réponse à cette crise », peut-on lire dans le communiqué. C’est pourquoi la Banque a décidé de maintenir inchangées certaines de ses références de fonctionnement tels que le taux d’intérêt des appels d’offres (3,25%) ; le taux de facilité de dépôt (5,00%), entre autres .

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