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Economie

Changements climatiques : le Cameroun sera très arrosé

Dans le bulletin saisonnier des prévisions que vient de publier l’Observatoire national, il est indiqué que le pays connaitra un taux excédentaire de précipitations entre juin et août 2020.

L’Observatoire national des changements climatiques (Onacc) vient de publier une nouvelle édition du bulletin saisonnier des prévisions de paramètres climatiques (précipitations et températures) des cinq zones agro-écologiques du Cameroun pour les mois de juin, juillet et août. Le document présente aussi les potentiels risques et impacts des perturbations climatiques sur les secteurs de développement, mais aussi quelques suggestions pour faire face aux effets néfastes de ces perturbations.

De manière globale, le document prévoit des cumuls excédentaires des quantités de précipitations dans certaines localités, ainsi que des cumuls excédentaires du nombre de jours de pluies dans d’autres. Il y a donc, au sens des experts de l’Onacc, risque très élevé d’enregistrer des cas d’inondations à travers le pays. Tout l’Extrême-Nord par exemple est menacé ; dans le Nord, les populations de la Bénoué et du Mayo Rey devraient s’attendre à d’énormes précipitations. Dans le Centre, ce sont les départements du Mfoundi, Nyong et Mfoumou, Haute Sanaga, Lékié, Nyong et Kéllé, Nyong et So’o, qui sont concernés. Situation similaire pour le département du Noun (Ouest), de Ndian, Manyu, Meme, Kupe Manenguba, Fako, Lebialem, au Sud-Ouest ; et Moungo, Sanaga-Maritime, Nkam et Wouri, dans le Littoral, entre autres. On prévoit des cas de glissements de terrain ou d’écoulements de boue dans les départements du Lebialem, du Noun, du Ndé, de la Mifi, du Mfoundi, du Moungo, entre autres.

Des secteurs de développement vont ressentir l’impact de ces fortes précipitations. Dans le secteur de l’agriculture, on craint une prolifération de certaines maladies des plantes cultivées et des mauvaises herbes; des cas de pourriture et de dégradation des tubercules des champs et des réserves des greniers à cause de l’humidité ; des cas de germination non désirées du maïs en spath affectant la qualité organoleptique (apparence, goût, odeur) et marchand des produits agricoles récoltés ; une augmentation du lessivage des sols cultivés...

Les acteurs du secteur pastoral eux devront compter avec la repousse des mauvaises herbes et des espèces envahissantes dans les pâturages; la prolifération de plusieurs maladies aviaires telles que la grippe; les infections gastriques et intestinales chez la volaille; etc. Sur le plan environnemental, il y a risque de pollution, de braconnage suite aux fortes pluies qui pourraient limiter la capacité de déploiement des écogardes dans les réserves et parcs ; la perte et/ou la destruction des niches écologiques suite aux inondations ; la destruction de la biodiversité suite aux mouvements de masses et aux inondations ; l’accentuation de l’érosion côtière. Côté santé, les experts prévoient un risque élevé d’enregistrer des cas de choléra, surtout sur la zone côtière, l’Extrême-Nord et le Nord. Comme suggestions, l’observatoire propose la promotion des semences des variétés résistantes aux mala- dies/mauvaises herbes; la pratique de la lutte biologique/intégrée pour combattre les maladies et les ravageurs des cultures; la promotion de la pratique de l’agroforesterie et les technique anti-érosives; la sensibilisation des éleveurs à ne pas fréquenter les zones inondables ; la promotion de l’élevage semi-intensif (enclos, bâtiments parcs) .

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