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Situation politique en RDC : l’église catholique prend position

Dans son homélie à l’occasion des 60 ans d’indépendance du pays, l’archevêque de Kinshasa a demandé au peuple de refuser la fragilisation en vue du pouvoir judiciaire.

L’homélie de Mgr Fridolin Ambango, archevêque métropolitain de Kinshasa, prononcée mardi dernier à l’occasion des 60 ans d’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) était assez particulière son relent très politique. L’archevêque a pris fait et cause pour le peuple dont il redoute une descente aux enfers inéluctable. La raison, trois propositions de loi soumises au parlement par les députés du Front commun pour le Congo (PCC) de l’ex-président Joseph Kabila, visant à rattacher le parquet à la tutelle du ministère de la Justice. L’opinion publique y voit une tentative de soumission du pouvoir judiciaire à l’autorité de l’exécutif, d’autant plus que le PCC est majoritaire à l’Assemblée nationale. Par ailleurs la main-basse sur la CENI (la Commission électorale nationale indépendante) par la probable désignation de son président est aussi redoutée. Ronsard Malonda, pressenti à ce poste, se serait déjà illustré par le passé par l’orchestration des fraudes généralisées. « Les jours à venir seront difficiles. Et je tiens ici à demander au peuple de se tenir en ordre de marche. Lorsque le moment viendra, il faudra qu’ils nous trouvent sur leur chemin », a proposé l’archevêque.

La majorité au parlement, détenue par le PCC est bien un jeu d’intérêts convenu avec l’actuel régime au détriment de la démocratie. Certes, dans une récente déclaration, Félix Tshisekedi a prévenu qu’il n’accepterait « sous aucun prétexte, une réforme risquant de porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice», mais cela ne rassure visiblement pas l’opposition. Le cardinal Fridolin Ambango dénonce « un rapport dangereux…qui risque d’entraîner tout le pays dans le chaos définitif », car pour lui, « l’action gouvernementale est complètement paralysée et le service légitime à rendre à la population sacrifiée ». L'archevêque estime qu’on « ne peut pas continuer, après 60 ans d’indépendance, à gouverner par défi, par mépris du peuple, de l’Eglise catholique et de l’Eglise Protestante » Ces deux entités religieuses représentent plus de 80% de la population congolaise .

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