Sports

Exode des sportifs : la saignée continue

Le changement de nationalité de l’athlète Auriol Dongmo rappelle les nombreux cas de désertion d’athlètes observés ces dernières années

Dès le 26 juillet 2020, Auriol Dongmo défendra les couleurs du Portugal, son pays de résidence. C’est d’ailleurs là-bas qu’elle se perfectionne grâce à la bourse de la solidarité olympique dont elle est bénéficiaire jusqu’ici. « Il est difficile de comprendre sa décision. C’était l’une des athlètes les plus choyées par l’Etat. Il est d’ailleurs arrivé qu’en plus de la prime à remettre aux athlètes, qu’elle bénéficie d’un bonus. C’est vraiment dom- mage », confie une source au ministère des Sports et de l’Education physique. Le cas de la lanceuse de poids, qui n’est pas sans rappeler celui de Françoise Mbango remet au goût du jour la question de l’exode des athlètes. Le Cameroun y fait en effet face depuis des années avec également la fuite des athlètes. Aux 21è Jeux du Commonwealth en 2018 à Gold Coast en Australie, ils sont trois à prendre la poudre d’escampette, deux boxeurs et un haltérophile. Quatre ans plus tôt, en 2014, après avoir glané trois médailles d’or en haltérophilie, Marie-Joseph Mfegue a fondu dans la nature. Plus loin encore, aux Jeux olympiques de Londres en 2012, c’est toute l’équipe de boxe et une des gardiennes de but de la sélection nationale féminine de football qui avaient disparu. Dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques de 2016, au camp d’entraînement au Kazakhstan, deux fuyards avaient été rattrapés alors qu’ils prenaient la direction de Moscou.

Plusieurs raisons peuvent amener un athlète à céder aux sons de ces sirènes, selon Charles Kouoh Kotte, le secrétaire général de la fédération camerounaise d’athlétisme. D’abord, l’ambition personnelle du sportif. Ensuite, l’influence des parents qui utilisent le sport comme tremplin pour leur progéniture en vue d’un exil. Egalement, la prise en charge dans l’encadrement technique qui n’est pas suffisante (temps d’entraînement, suivi médical et diététique, notamment). Enfin, le mérite sportif qui n’est pas souvent valorisé à sa juste mesure. En effet, le montant des primes n’est pas harmonisé. Il baisse d’ailleurs sans cesse. Il y a quelques années, une médaille d’or équivalait à 4 voire 5 millions de F. Aujourd’hui, elle n’atteint même plus 2 millions de F. Les nombreuses plaintes d’athlètes sur la gestion des finances reviennent également à l’ordre du jour. «Marie-Joseph Mfegue a été déstabilisée parce qu’elle ne savait pas finalement quel était le montant exact de sa bourse. Un mois, elle recevait 250.000 F, un autre 75.000 F, ou encore 50.000 F », apprend-on de la même source du Minsep. Récemment, les boxeurs qualifiés pour les Jeux olympique ont exprimé leur déception de n’avoir toujours rien perçu. Ou encore la querelle qui a opposé la Fédération camerounaise de judo à son athlète, Vanessa Mballa Atangana, il y a quelques temps, sur l’appui de l’Etat qui lui a été attribué. D’où l’importance d’un assainissement des rapports entre athlètes et fédérations nationales sportives .

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