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Mali : la Cour constitutionnelle dissoute

L’annonce a été faite samedi dernier au cours d’une allocution du président de la République qui tente ainsi d’apaiser une atmosphère politique très tendue.

Samedi dernier, Ibrahim Boubakar Kéïta (IBK) a annoncé la dissolution « de fait » de la Cour constitutionnelle. C’est l’institution qui focalise les protestations dont les plus vives sont les grandes mobilisations populaires pour renverser le pouvoir en place. L’annonce du président de la République est d’ailleurs intervenue au lendemain de la troisième grande manifestation contre lui à Bamako, avec à la tête l’Imam Mahmoud Dicko, figure de proue du Mouvement du de contestation dénommé M5 qui regroupe des dignitaires religieux, des hommes politiques et des acteurs de la société civile.
Dès vendredi soir en effet, des barricades, des actes de vandalismes, des incendies, des affrontements ont obligé les forces de l’ordre à ouvrir le feu. Bilan : cinq morts et 20 blessés. Les symboles de l’Etat comme l’Assemblée nationale ont été saccagés, les documents emportés. Plusieurs leaders d’opposition ont aussi été arrêtés, ce qui a enivré davantage les contestataires. Le mot d’ordre de désobéissance civile devait continuer cette semaine. La situation restait donc très tendue samedi soir.
Dans cette atmosphère et surtout dans une attitude d’apaisement, IBK a annoncé dans une allocution diffusée à la télévision nationale peu avant minuit, la dissolution de la Cour constitutionnelle. Il a indiqué qu’il abrogerait les décrets de nomination des juges de la Cour encore à leurs postes, ce qui revient à une « dissolution de fait ». « Cette dissolution de fait de la Cour va nous conduire dès la semaine prochaine, (cette semaine, ndlr) à demander aux autorités compétentes la désignation de nouveaux membres pour que, rapidement, une cour reconstituée nous aide à trouver les solutions aux contentieux issus des élections législatives » a déclaré IBK.
La décision de la Cour (aujourd’hui dissoute de fait) prise en avril dernier d’invalider une trentaine de résultats des élections législatives, reste un élément important du déclenchement de la contestation qui a atteint son apogée ce week-end. D’ailleurs le président de la République a reconnu que « l’arbitrage du dernier scrutin par la Cour sortante a posé problème et continue à poser problème ». Faut-il le rappeler, les résultats des élections législatives proclamé en mai dernier et qui attribuaient 53 sièges sur 147 au Rassemblement pour le Mali (RPM) d’IBK ont été contestés par une partie de l’opinion qui continue de dénoncer des fraudes flagrantes.

 

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