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Soudan : Omar el-Béchir rappelé à la barre

Le président déchu fait depuis hier l’objet d’une nouvelle procédure devant une Cour spéciale pour avoir violé l’ordre constitutionnel suite au coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1989.

Une nouvelle affaire impliquant Omar el-Béchir s’est ouverte hier devant une Cour spéciale de Khartoum. Condamné le 14 décembre dernier à deux ans de prison pour corruption, l’ancien président soudanais est de nouveau accusé d’avoir violé l’ordre constitutionnel en 1989. L’ancien homme fort de Khartoum est jugé en compagnie de seize autres personnes, civils et militaires, à l’instar de Taha, l’ancien vice-président, et du général Bakri Hassan Saleh. A l’époque à la tête d’une junte, M. Béchir avait renversé les institutions en place dirigées par Sadek al-Mahdi, le Premier ministre démocratique élu, avec le soutien du Front islamique  national (NIF), une formation politique. Devenu chef de l’Etat, du gouvernement et des armées, Omar el-Béchir annoncera qu’il est là pour sauver le Soudan des «partis politiques pourris». 
Dans le camp de la défense, l’on dénonce un «procès politique». Mohamed Al-Hassan Al-Amin, l’un des avocats de l’ancien président, plaide pour une prescription des faits et soutient que son client est jugé par une Cour non-objective. Du côté de la partie civile, l’on dit détenir des preuves irréfutables de sa culpabilité. Moaz Hadra, l’un des juristes à l’origine de la procédure, qui entend présenter celles-ci à la justice, souligne que «ce procès sera un avertissement et sauvegardera la démocratie soudanaise». L’accusé risque la peine de mort.
En dehors de ces deux affaires, Omar el-Béchir est loin d’en finir avec ses ennuis judiciaires. Car, il reste sous le coup de deux autres procédures. En mai 2019, l’ancien président soudanais avait été formellement accusé dans le cadre de la répression de la révolution et des manifestations ayant entraîné sa chute le 11 avril plutôt. Sous le coup d’un mandat international, il est poursuivi depuis 2009 par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’accuse de génocide au Darfour. 
 

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