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Journalisme à gages

Décidément une nouvelle race d’hommes et femmes de médias est en train de creuser ses sillons au sein de la médiasphère camerounaise. Et les pratiques de ces « artificiers » sont aux antipodes des exigences déontologiques et d’éthique.  Il ne se passe plus une semaine sans que ces acteurs médiatiques ne créent le buzz. Maîtres dans la fabrication des « hot news », ils ont bâti leur réputation et leur « modèle économique » sur le bashing des personnalités dans le but de les livrer à la vindicte populaire. Leur mode opératoire est bien connu : lyncher une personnalité pour provoquer son courroux et « la faire marcher ». Ces  « individus » venus dans le métier comme au pis-aller  et qui sous d’autres cieux n’auraient jamais bénéficié d’une proximité avec les milieux journalistiques  sont hélas à la solde des réseaux. 
Ces « serial killer » ne se fixent aucune limite. Ils viennent ainsi de s’attaquer violemment au ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Sans aucune vérification d’usage, un confrère s’est fendu en affirmations graves et péremptoires selon lesquelles, le chef de ce département ministériel aurait reçu une dotation financière de 8 milliards de F dans le cadre de l’appui du Fonds monétaire international « pour accompagner les autorités camerounaises dans leur réponse aux besoins urgents de financement  de la balance des paiements du Cameroun, dus à la pandémie de Covid-19 et aux chocs subséquents sur les termes de l’échange provoqués par la chute brutale des cours du pétrole à l’échelle mondiale ». Ces allégations éloignées de la réalité factuelle, sont graves. Très graves même.  L’auteur de cette affabulation n’a pas cru nécessaire d’opérer un « cross-checking » de cette fausse information  avec les faits pourtant facilement vérifiables.  Dans la mise au point publiée dans l’édition de CT du 4 août 2020 par le Secrétaire général du ministère de la Communication, on peut lire que depuis le lancement de la riposte nationale contre la pandémie du Coronavirus au Cameroun, le ministère de la Communication a reçu jusqu’ici une dotation de 100 millions sur les 300 millions de F sollicités pour financer le plan gouvernemental de communication sur la prévention et la sensibilisation contre la maladie. Le confrère en question aurait pu également s’abreuver à la source du décret du 22 juillet 2020 dans lequel le PM  a procédé à la répartition de la dotation du Fonds spécial de Solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales. Dans ce document publié et abondamment relayé dans les médias et les réseaux sociaux, il est prévu que le ministère de la Communication recevra une dotation de 420 millions pour le financement des activités retenues dans son plan de campagne contre le covid-19.
On est donc loin des 8 milliards pompeusement allégués et abondamment relayés dans les médias.  Même si aucune personne équilibrée ne peut accorder une once de crédit à une telle affabulation, il reste que la volonté d’attenter à l’honorabilité et à la dignité du ministre René-Emmanuel Sadi ne fait l’ombre d’aucun doute.  Il serait simpliste voire naïf de croire que l’auteur de cette allégation volontairement construite pour des objectifs inavoués est motivé par le seul but de faire du buzz. Que non. Le lynchage et le chantage médiatiques dont sont victimes les hautes personnalités de la République interpellent le corps social d’autant que ces pratiques ignobles qui affectent et infectent le métier ont atteint des profondeurs abyssales. Le contexte actuel pollué par des supputations sur une supposée redistribution imminente des cartes constitue un levain pour des imposteurs en tous genres qui peuplent la presse. On en vient à se demander comment le Cameroun qui dispose d’une des meilleures offres du continent africain en matière de formation en journalisme peut se retrouver dans un tel marasme. La prolifération des journalistes à gages questionne sur l’avenir de ce métier. Elle interpelle aussi bien les praticiens du métier que  les pouvoirs publics qui doivent agir au plus vite pour stopper ces dérives. Le journalisme présenté comme noble métier ne saurait devenir le refuge de tous les rebuts de la société. 

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