Société

Industrialisation : une véritable aubaine

Du fait dans la pandémie, ce secteur, bien que toujours embryonnaire a connu une certaine effervescence.

Gels hydro-alcooliques, masques et visières, seaux robinets avec différents supports pour éviter le contact. Voilà quelques produits sortis des usines et autres petites unités de production assez rapidement pour limiter la propagation du coronavirus au Cameroun. C’est que, dans un contexte où les frontières fermées limitaient l’approvisionnement du pays en ces produits, des Camerounais ont vite fait de tourner leurs méninges pour mettre les populations à l’abri de cette maladie nouvelle. 
C’est ainsi que, une fois les stocks de masques chirurgicaux importés épuisés dans les pharmacies, des ateliers de couture ont pris le relais pour la confection des masques en tissus. Ces derniers rivalisaient alors de formes, de couleurs et de prix (entre 300 F et 2500 F en moyenne) sur le marché. Tant et si bien que l’Etat, via l’agence des normes et de la qualité, a décidé d’établir une norme pour standardiser cette production. Le ministre des Pme est même descendu dans des unités de fabrication pour encourager ces petits producteurs. Et plus tard, la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) s’est également lancée dans une production à grande échelle, mais qui a été quelque peu boudée par les consommateurs, du fait de son prix jugé élevé par beaucoup. D’autres inventeurs ont mis au point des visières, arboré par ceux ne supportant pas le masque. Les gels hydro-alcooliques sont également sortis de divers laboratoires, connus ou non. En effet, même dans les universités, les étudiants se sont lancés dans la production de ces solutions désinfectantes. Les commerçants n’étaient pas en reste non plus, eux qui ont compris que la transformation de divers contenants en seaux-robinets pouvait rapporter gros… A côté d’eux, des inventeurs ont travaillé pour mettre sur pied des équipements permettant un lavage de mains sans contacts avec les robinets ou les flacons contenant savon ou gels. Par ailleurs, la production locale ne s’est pas arrêtée aux outils de prévention. 
Côté prise en charge, l’industrie pharmaceutique s’est aussi mise en branle. Une fois que la chloroquine a été validée dans le protocole de traitement de la maladie, l’Institut de recherche médicale et de plantes médicinales s’est dit prête à produire le médicament surplace. La pharmacopée traditionnelle quant à elle aura été plus rapide. Les remèdes proposés par différents acteurs étaient si nombreux que les malades avaient finalement l’embarras du choix.  
Le gouvernement a une fois de plus saisi la balle au bond pour renforcer ses actions de promotion du made in Cameroon. Sauf qu’il y a de secteurs qui n’ont pas pu profiter de cette aubaine offerte par le nouveau coronavirus, du fait de la faiblesse du tissu industriel. C’est le cas de certaines filières agro-pastorales. A ce jour, des tonnes et des tonnes de tomates ont pourri dans les champs du fait du manque d’unités de transformation. Tant et si bien que le cageot généralement vendu entre 5000 F et 8000 F au mois de mai a été bradé à 1500 F et 2000 F. Les producteurs se déplaçaient dans les carrefours et les quartiers pour essayer de grappiller quelques recettes.  Les moins solides n’ont pas survécu, face aux soucis générés par les énormes pertes. Dans la filière avicole, les producteurs ont aussi été aux abois. Les hôtels, restaurants et autres snacks étant restés fermés par un bon moment, les aviculteurs ont trimé. Les producteurs de poussins d’un jour ont dû les étouffer, ceux des poulets de chair et autres pondeuses ont engagé des soldes monstres, après que les commandes ont été annulées par les gros clients. Vivement donc que cette crise laisse derrière elle un désir plus fort d’industrialiser le Cameroun, afin qu’on puisse mettre sur pied des chaînes de valeurs renforçant la transformation locale et limitant l’importation des produits non essentiels et de ceux qu’on peut avoir sur place.  
 

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