International

Etats-Unis-Chine : désaccords multiformes

Au-delà de la guerre commerciale, le bras de fer entre les deux géants touche d’autres domaines stratégiques.

Depuis l’imposition par les Etats- Unis des taxes douanières sur les produits chinois, une guerre froide fait rage entre Américains et Chinois. Washington a ainsi décidé d’appliquer des taxes douanières sur un volume d’importations de 50 milliards de dollars, avec des droits de douane de l'ordre de 25 % sur 800 types de produits différents. Notam- ment les voitures, les semi-conduc- teurs et les pièces électroniques. Appliquant la politique de réciprocité, Pékin a pris des sanctions similaires contre Washington sur un volume de 50 milliards de dollars d'importations de l'ordre de 25 % sur 659 types de produits ciblant les voitures, les produits de la mer ou encore le soja. Le 1er septembre 2019, les Etats-Unis imposent des droits de douane de 10 % sur un volume de 300 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires. En plus des droits de douane de 25 % déjà en place sur 250 autres mil- liards de dollars d'importations.

Pour sa part, la Chine arrête ses importations de produits agricoles américains qui avaient été décidées lors de négociations avec les États-Unis. Dans le domaine technologique, Américains et Chinois se le rendent coup pour coup. Les infrastructures de télécommunications étant devenues un enjeu géopolitique central dans le conflit entre les deux géants. Après Huwei puis ZTE, China Telecom, l'opérateur historique chinois de télécommunications, est la nouvelle cible des États-Unis. En avril dernier, le gouvernement américain a sommé la Commission fédérale des communications (FCC) d’annuler toutes les autorisations accordées à la filiale américaine de China Telecom pour la fourniture de services de télécommunications internationales à destina- tion et en provenance des États-Unis. Autres griefs, les Etats-Unis repro- chent à China Telecom sa possible vulnérabilité à l'exploitation, à l'influence et au contrôle du gouvernement chinois, de fausses déclarations aux autorités américaines sur l'endroit où elle a stocké ses enregistrements américains, des représentations publiques inexactes concernant ses pratiques de cybersécurité, et la perturbation et le détournement des communications américaines par le gouvernement chinois. Washington soupçonne également Pékin de vouloir s’imposer comme une « puissance globale » d’ici 2050. Surtout que dans son plan « Made in China 2025 », la Chine définit comme prio- rités les technologies de l’informa- tion, dont la 5G et la cybersécurité, la robotique, l’aéronautique, le génie océanique, le ferroviaire, les véhi- cules électriques, la biomédecine, les nouveaux matériaux, les machines agricoles et la production d’énergie parmi les secteurs stratégiques devant la hisser parmi les grandes puissances technologiques. Le rachat par le chinois Midea de Kuka, numéro un allemand de la robotique et le lancement de la 5G par Huawei illustrent cette ambition. Aujourd’hui « Pacific Light », fruit d’un partenariat entre Google et Facebook avec Pacific Light Cable Network, une entreprise américaine, destiné à dérouler un câble internet entre Los Angeles, Hong Kong, Taïwan et les Philippines, peine à prendre corps. Appelé à relier directement les États-Unis et Hong Kong, ce projet se heurte encore au veto chinois .

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