Société

Monde post-covid 19 : mutations à l’horizon

Le coronavirus a certes chamboulé le secteur culturel, mais il a suscité certains mécanismes afin de garder la flamme et rapprocher le public de ses artistes préférés.

 

Les réalisateurs camerounais, Stella Tchuisse et Paul Samba, font partie des 32 cinéastes internationaux ayant été sélectionnés aux Talents Durban 2020. Ils ne pourront malheureusement pas se rendre en Afrique du Sud afin de développer leurs projets de films, suivre une formation et présenter leurs projets à un marché international. Covid-19 oblige. Ils pourront néanmoins vivre cette édition à travers la Toile. Ce cas n’est pas singulier dans le domaine des Arts et de la Culture. Paralysé au début de la pandémie, le secteur culturel a dû se réadapter et faire preuve d’ingéniosité pour se remettre en scelle. Des techniques qui finalement pourraient demeurer.

Des salles de spectacles reconfigurées

Finis les attroupements lors des avant-premières de films, concerts et autres manifestations culturelles. Désormais, c’est moins de 50 personnes par salle ou activité. Et ce, dans le respect des mesures barrières. A la salle de cinéma Canal Olympia par exemple, seule la moitié des sièges est occupée pendant les projections. Une chaise vide sépare les cinéphiles, même si les membres d’une famille peuvent se regrouper. Ce, après le lavage des mains à l’entrée et le port du masque. Situation vécue à l’acte 1 du Cinéclub N’Kah, le mois dernier à Yaoundé avec 50 participants par projection. Et le Festival international des images comiques a dû se séparer de ses centaines de participants afin de respecter les mesures barrières. Cette restriction a amené les promoteurs à se tourner vers la Toile pour toucher le maximum de personnes.

Internet à la rescousse

L’utilisation des réseaux sociaux, sites web et blogs a explosé depuis le début de la pandémie. Véritable relais entre les artistes et leur public, ils ont permis de garder le contact. Outre la participation aux évènements culturels en présentiel, les passionnés de culture ont pu vivre des concerts, des pièces de théâtre, des dédicaces littéraires devant un écran d’ordinateur. Longtemps négligée par certains promoteurs culturels, l’insertion de l’option numérique sera inconditionnelle dans l’organisation des spectacles, festivals et rencontres culturelles. Des pages et sites web dédiés à la culture ont d’ailleurs déjà gagné en abonnés et visiteurs. Sur Cinecamer par exemple, le nombre de followers est passé de 15 000 à plus de 21 000 grâce à la retransmission des festivals de cinéma et la diffusion des web-séries.

Des idées innovantes pour vendre

Les fonds récoltés lors des concerts, représentations théâtrales et autres activités permettent aux artistes de joindre les deux bouts. Envoyés au chômage technique par le coronavirus, ils vont désormais faire recours à d’autres moyens pour vivre de leur art. En musique et au cinéma par exemple, des concerts et séances de visionnage se feront en mode virtuel mais payant, via des logiciels comme Zoom. Après la souscription par paiement mobile, des codes de visionnage sont générés et envoyés aux spectateurs afin qu’ils accèdent aux spectacles. Autre bénéficiaires de cette pandémie : les plateformes de streaming. Leurs chiffres d’affaires ont doublé du fait du confinement. Signe d’une nouvelle ère pour la culture, qui n’a pas fini de se réinventer.

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