Culture

Festival : « Afroptimistes » et fiers de l’être

Yaoundé a récemment accueilli ISIL, un événement international visant la valorisation du cheveu crépu et des dreadlocks.

La première édition du festival « ISIL » est rentrée en gare le 8 août dernier à Yaoundé. L’événement international qui vise la valorisation du cheveu naturel afro s’est déroulé sous le thème : « Cheveu afro naturel et leadership ». Ce festival à caractère socioculturel, tire son nom du mot employé pour désigner le cheveu chez le peuple fang-béti. Le message porté par Larissa Bahanag Njoh, promotrice de « ISIL » est panafricaniste. Il plaide pour la fierté d’arborer des dreadlocks ou des cheveux afro naturels, mais il milite également contre l’usage abusif des produits artificiels qui gagnent du terrain et tendent à reléguer au second plan l’essence même des valeurs africaines. « L’identité africaine se dissipe de plus en plus, et le cheveu crépu n’est pas épargné. Les perruques, les défrisages et plusieurs autres astuces à la mode sont ainsi venus mettre de côté le cheveu naturel et les dreadlocks. Ceux qui les portent sont parfois dénigrés au point d’être qualifiés de fous ou de voyous. Dans les administrations publiques et plusieurs structures publiques ou privées, ceux qui portent les dreadlocks sont parfois interdits d’accès », regrette Larissa Bahanag Njoh. Face à toutes ces attitudes, elle a décidé de lancer l’initiative du Festival « ISIL ». 
Pendant deux jours, la Fondation Muna, cœur du festival, a servi de cadre aux activités.  D’abord le 7 août dernier, elle a accueilli un public féru du cheveu afro autour d’échanges sur le thème de l’édition. Avec un panel constitué d’acteurs issus de plusieurs pays, notamment le Mali, le Sénégal, le Tchad, le Rwanda et le Cameroun, des discussions en visioconférence ont permis de mettre en exergue les différentes appréciations sur comment les sociétés se comportent à l’égard des porteurs des cheveux afro ou les dreadlocks. Le 8 août dernier enfin, à la Case des Arts, des animations diverses, notamment des concours de la coiffure la plus originale, des expositions de produits capillaires pour cheveu afro et peaux noires, entre autres, ont meublé la journée. 
Toutes ces activités visent à implémenter un nouveau rapport entre les Camerounais en particulier, les Africains en général cheveu afro dans les sociétés. « Pendant l’époque d’esclavage, l’esclavagiste a fait comprendre au Noir que son cheveu ne vaut rien. Qu’il est laid, il est sale… Ils ont décidé de changer notre mode de vie, et ce changement est également passé par nos cheveux crépus qualifiés de sales et dégradants. Le complexe est né, il s’est installé et les gens ont transmis ce complexe de génération en génération », a indiqué Larissa Bahanag Njoh. Fière et jalouse de son côté naturel, la promotrice du festival « ISIL » espère  changer la donne. 
 

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