Economie

« C’est un nouveau cadre maturation des projets »

Lionel Omgba Oyono, directeur de l’Electricité au ministère de l’Eau et de l’Energie.

créer le chef de l’Etat ?

La loi du 14 décembre 2011 qui régit le secteur de l’électricité et les différents textes d’applications a défini les différents rôles et responsabilités de chaque acteur. Il y a dans le secteur de l’électricité deux catégorie d’acteurs : les institutionnels dont le ministère de l’Eau et de l’Energie, l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, et l’Agence d’électrification rurale et les opérateurs du secteur de l’électricité notamment Sonatrel, Eneo, Nhpc, Edc, Kpdc. Les opérateurs d’électricité mobilisent les financements à travers divers moyens. Maintenant les acteurs institutionnels ont des activités à mener dans le secteur mais n’ont pas toujours toutes les ressources financières pour le faire. L’Arsel et l’Aer ont des ressources parce qu’il y a une redevance du secteur. La spécificité du fonds de développement du secteur, c’est qu’il va se focaliser sur les activités d’ordre stratégique. C’est pour cela que le décret parle d’élaboration, de politique énergétique, de stratégie du secteur, de documents de planification, études de faisabilité, etc. Le fonds vient donc soutenir le financement de toutes les activités stratégiques du secteur de l’électricité. Ce Fonds adresse aussi des questions de formation, que ce soit en milieu académique ou professionnelle, il va financer les activités de recherche, de développement, d’innovation. Toutes ces activités ne peuvent pas être financées par les opérationnels du secteur. Ce décret a donc cette approche d’orienter de façon complémentaire les financements vers d’autres types d’activités importantes pour le secteur. Le Fonds va surtout adresser les questions de maturation des projets et au regard du contexte macroéconomique et budgétaire que nous traversons, il est très difficile que seul le Minee mobilise les milliards pour un seul projet et donc l’Etat conscient de cela a donc trouvé des mécanismes pour voir des financements complémentaires.

Que doivent attendre les ménages mais aussi les entreprises avec ce nouvel outil ?

 Le premier gain du Fonds est d’abord économique et financier en ce sens que le Fonds va participer à réduire les coûts des projets. Jamais l’Etat ne va imputer aux ménages ou aux entreprises des taux d’intérêt très élevés par contre si l’Etat continuait à laisser dans les mains des privés cette étape de maturation cela se traduirait par un renchérissement des coûts de production et donc les entreprises et les ménages peuvent être sûrs que les prochains projets de troisième génération vont affecter très peu le tarif d’électricité auquel ils sont soumis. Et s’il faut voir beaucoup plus large, ça permet aussi à l’Etat de façon stratégique d’anticiper les besoins en électricité sur une longue période parce qu’il aura des moyens financiers pour anticiper la demande. Le Fonds permet à l’Etat de mettre à jour régulièrement ses instruments de planification dans le secteur de l’électricité.

Quelle suite maintenant que le Fonds est créé ?

Elle est définie dans le décret. A partir du moment où le Fonds est créé, les différentes instances prévues par le décret vont se mettre très rapidement au travail. Il y a un comité qui supervise les activités et les projets du Fonds avec des administrations bien précises. Le Minee a sollicité de ces administrations la désignation de leurs représentants pour que le plus rapidement possible cette instance puisse arrêter un budget, puisse discuter des activités définitives dès 2021. Nous travaillons également avec le ministère des Finances pour inscrire ce Fonds dans la prochaine loi des finances. Le Fonds sera pleinement opérationnel dans les prochains jours.

Quels sont les besoins en termes de financement dans le secteur de l’électricité au Cameroun ?

Les études faites en 2014 notamment sur les besoins de financements dans le domaine de la production et du transport de l’électricité laissaient entrevoir des besoins en électricité de l’ordre de 6000 milliards de F. Pour l’électrification rurale qui ambitionner d’électrifier tous nos villages estimait le coût à 800 milliards de F. Donc en 2014, le besoin était de 8000 milliards de F, mais depuis 2014 des investissements ont été faits, des projets ont été mis en œuvre donc à ce chiffre initial de 2014, il faut enlever tous les investissements récemment réalisés donc un chiffre de 6000 milliards de F nous paraît réaliste.

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