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Traditions : les « Mbeatoè » sont de retour !

Ces crustacés mythiques sont apparus en masse dans la Dibamba et le Wouri le 26 août, après plusieurs années de disparition.

Plusieurs notables et autres gardiens de la tradition sawa vous le diront volontiers : le « Mbeatoè » est à l’origine du nom de notre pays. Ce sont ces crustacés que les navigateurs portugais auraient vus dans le Wouri. Des espèces d’écrevisses qui n’apparaissent que par intervalles d’une ou de plusieurs années. Pour les fils et filles du terroir, l’apparition du « Mbeatoè » après les inondations du 21 août est un signe annonciateur de la fin des intempéries.
« Nous étions inquiets. D’ordinaire, c’est pendant les pluies qu’on a souvent le « Mbeatoè ». Qu’il sorte depuis ce 26 août avec beaucoup de soleil, c’est quelque chose d’extraordinaire. Et pour ceux qui ne veulent pas croire, le Cameroun est debout », déclare, enthousiaste, Paul Edimo, conseiller municipal à la commune de Douala III. « Le Mbeatoè est une spécificité de chez nous. Il n’apparaît nulle part ailleurs au monde. Il n’apparaît que dans les côtes du Wouri et de la Dibamba. Le Mbeatoè nous révèle la symbiose que nous avons avec nos ancêtres », a-t-il poursuivi.
Selon notre source, ces crustacés apparaissent normalement une fois par an. Une inquiétude est née du fait qu’ils sont restés invisibles pendant près de cinq ans. Alors que chacune de leur apparition est porteuse d’un message. Paul Edimo, fils de Japoma, a confié, au cours de l’échange avec CT, que ce sont les pêcheurs de « Mbeatoè » qui transmettent le message aux chefs traditionnels. Il revient par la suite aux chefs et aux autorités Sawa de décrypter la symbolique du message.
Dans la culture sawa, les pêcheurs offrent le « Mbeatoè » aux autorités traditionnelles et leaders de famille. En fils sawa respectueux de cette tradition séculaire, Paul Edimo est allé offrir le fruit de sa pêche au maire de Douala III, commune dans laquelle lui-même est conseiller municipal. « Quand j’ai appris que le « Mbeatoè » était apparu, je suis allé moi-même en pêcher et j’ai décidé de venir faire une offre symbolique à la mairie en remettant le fruit de ma pêche au maire. Avec son arrivée à la mairie et le management qu’il a apporté, nous disons que même les ancêtres sont avec nous », a soutenu Paul Edimo.
A en croire d’autres sources de la communauté sawa, la morsure du « Mbeatoè » est mortelle si rien n’est fait. Lorsqu’un tel incident survient, la victime doit immédiatement mordre l’écrevisse qui reste généralement accrochée au doigt. Nos sources révèlent également que le « Mbéatoè » serait escorté par des serpents et des sirènes. Des serpents qui seraient, toujours selon la légende, inoffensifs pour les pêcheurs de ces crustacés.
 

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