Société

Femmes assassinées dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : afin que nul n’oublie

Après sa sortie la semaine dernière à Yaoundé pour dénoncer ces crimes, c’est par une offre symbolique que le Minproff a célébré hier la mémoire des victimes.

Une page entière et en couleur du quotidien national bilingue Cameroon Tribune. En fait de couleurs, il s’agit, en fond, d’un ciel bleu clairsemé de nuages blancs. Y ont été apposées les portraits de Florence Ayafor, Achiri Comfort Tumassang, Mbah Treasure, devenues à leurs corps défendant les visages de la barbarie humaine dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Une longue liste, du reste non exhaustive, d’autres femmes tombées sous les coups des séparatistes anglophones et trois colombes, certainement porteuses d’espoir pour une sortie définitive de ce conflit, complètent le tableau rogné du vert-rouge-jaune national. C’est la manière du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, de rendre un hommage mérité aux filles, mères et épouses sauvagement assassinées dans ce qui est connu comme la crise anglophone. Un témoignage de respect et d’estime qui intervient quelques jours après la dénonciation, par le  même ministre, de ces actes outrageux sur la gente féminine.
S’il est vrai que des communautés tout entières subissent les conséquences de ce conflit dans les régions anglophones du Cameroun, les femmes et les filles sont particulièrement touchées en raison de leur place dans la société et de leur sexe. Il est indéniable qu’elles sont particulièrement exposées à certains risques. L’un des exemples abominable est l’exercice continu de la violence sexuelle et des assassinats, utilisés en tant que méthode de guerre afin de briser non seulement des vies humaines, mais aussi des familles, voire des communautés entières. La crise qui prévaut au Nord-Ouest et dans le Sud-Ouest donne à voir, depuis des mois, le visage hideux de l’utilisation que les personnes malintentionnées peuvent faire des femmes et des filles en temps de conflits : des martyres. Du jamais vu, même dans la mafia. En effet, chez ces hommes sans foi ni loi, où peuvent prospérer des bandits de la pire espèce, les femmes, les filles et les enfants sont sacrés. On n’y touche pas ! Les différends se règlent entre hommes qui en ont ou pas. C’est dire si les séparatistes sont tombés bien bas, en s’attaquant à la femme, porteuse et donneuse de vie.
Raison suffisante pour que l’action du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ne passe pas inaperçue. Elle qui fait de Florence Ayafor et de sa cohorte de compagnes de malheur la mémoire vive de ce conflit. Pour dire assez, c’est assez ! Il y a des limites à tout. Si nous sommes encore des humains, nous ne pouvons guère tolérer plus longtemps que des filles, mères ou épouses soient tuées comme du vulgaire bétail après avoir subi les derniers outrages. C’est tout simplement inacceptable. Et quoi de mieux qu’une voix aussi porteuse que celle du Minproff pour le dire. De la part de l’ensemble des femmes camerounaises et du monde entier. 
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category

Download the Cameroon-Tribune app

logo apps