Société

« Nous avons près de 600 centres d’alphabétisation »

Fatime Bilamo Biboni, directrice de l’alphabétisation, de l’éducation de base non formelle et de la promotion des langues nationales au ministère de l’Education de base.

Où en est l’alphabétisation au Cameroun à ce jour ?

Depuis le décret de 2012 qui transfère les missions de lutte contre l’analphabétisme au ministère de l’Education de base, nous faisons de notre mieux pour promouvoir l’alphabétisation. Cette action ne se fait pas comme par le passé avec l’école sous l’arbre. C’est davantage dans les centres d’alphabétisation que les apprenants nécessiteux se rendent. A ce jour, nous avons près de 600 centres d’alphabétisation pour un effectif d’environ 29 000 apprenants. A ce jour, nous n’avons pas pu couvrir toutes les régions du pays, au regard de la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

A qui sont destinées les formations dans ces centres ?

Les centres sont ouverts à tout le monde. Nous prenons en charge les déscolarisés précoces. Ce sont les enfants âgés de 8 à 14 ans qui sont accueillis dans les centres d’éducation de base non formelle. A côté, ceux de 15 ans et plus sont dans les centres d’alphabétisation. Ce sont les deux principales catégories que nous avons. Les déscolarisés précoces sont principalement ceux que l’on retrouve dans la rue ou qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Ils sont accueillis dans les centres où ils reçoivent une formation de base qui permettra de reprendre le circuit scolaire ou de poursuivre avec l’apprentissage à un métier. Il y a aussi les personnes qui ont décroché tôt. Ensuite, l’illettrisme s’installe parce qu’elles peinent souvent à écrire même une phrase. Il y en a aussi qui sortent du système sans savoir lire ou écrire. L’alphabétisation est d’abord un processus d’apprentissage et d’acquisition des compétences de base en alphabétisme. En plus de cela, ces centres permettent de développer certaines compétences de vie courante, socio-éducatives ou socio-professionnelles, dans la perspective de s’insérer dans le circuit économique. Dans ces centres, l’effectif va croissant et les gens s’y intéressent de plus en plus.

Cette année, il y a la pandémie de Covid-19. Cela a-t-il eu un impact sur ces centres ?

Avec les prescriptions du chef du gouvernement en mars 2020, tous les centres ont fermé. Certains ont aussi repris lorsqu’on a rouvert pour les classes d’examen. Certains apprenants étaient en phase terminale du processus de leur apprentissage. En effet, la formation est spécifique à chaque centre et axée sur des besoins précis des apprenants. Les programmes varient d’un centre à l’autre. Certains savent déjà lire et écrire, mais veulent apprendre un métier.

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