Construction anarchiques à Yaoundé : place nette à Messamendongo

Mardi dernier, le maire de la ville, Luc Messi Atangana, a fait libérer l’emprise de la route sur près de deux kilomètres. Des commerces et quelques habitations détruites.

« Ici, toutes les couches ont été touchées. Je ne peux pas vraiment pleurer parce que j’ai quand même été prévenu depuis plus d'un mois. Je ne savais pas que ce serait ce mardi. » Adam Chérif Njoya ne fait que regarder le matériel restant de sa boutique emporté. Il est l’un des commerçants dont les constructions ont été détruites mardi dernier au quartier Odza à Yaoundé. Une initiative du maire de la ville, Luc Messi Atangana. Sur le site, l’engin n’a quasiment rien épargné. Petits commerces, alimentations, ventes à emporter, quincailleries et même portails de certaines habitations ont été rasés. Objectif, nettoyer cet abord de la route sur près de 100 mètres de large et environ deux kilomètres de long, entre le carrefour Messamendongo et le lieu-dit Borne 10 Odza.
Hier, propriétaires, badauds et collecteurs de déchets étaient encore nombreux sur le site. Beaucoup sont venus superviser le ramassage de casses, de débris de bois et autres objets récupérables sur le site. « Ceux-ci prennent la ferraille pour aller revendre. D’autres vont réutiliser le bois en cuisine. J’ai seulement eu le temps de ramasser quelques téléphones et gadgets », explique Adam Cherif Njoya. Installé à 10 mètres de ce qui reste de sa quincaillerie, Abraham T. veille à ce que l’essentiel ne soit pas emporté. « Il y a des tôles, des petits objets que je pourrais éventuellement revendre », assure-t-il, face à un des vendeurs de ferraille qui essaie de dérober un pan de la porte en fer. « Je loue cet espace depuis 2002. Il est vrai que nous avons reçu des sommations pour quitter les lieux depuis juin dernier. Mais à titre personnel, je me suis dit qu’ils comprendraient que ce n’est pas évident de se réinstaller en cette période avec la pandémie », indique-t-il.
Les occupants des espaces détruits ne se montrent pas spécialement surpris. Visiblement, la mairie de Yaoundé a pris le temps de les sensibiliser avant cette descente. A cet endroit, l’un des tuyaux d’approvisionnement en eau de la ville de Yaoundé est installé et risque d'être endommagé si les constructions se poursuivent en l’état. Par ailleurs, les autochtones, principaux propriétaires de ces terres, auraient été indemnisés depuis plusieurs années pour libérer l’espace. « Je n’ai pas d’autre choix que de partir. J’ai ce mercredi jusqu’à 13h pour récupérer mes lambris de bois », dit Sylvain Tchoffo. Propriétaire d’un dépôt de bois, il se dépêche de charger ce qui reste de sa marchandise à l’arrière d’un camion.
 

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