Avocats et magistrats: on peut garantir l’indépendance

Cette préoccupation était au centre d’un exposé  hier dans le cadre du programme scientifique de la Conférence internationale des barreaux de tradition juridique commune (CIB).

 

Florence B., plaignante, ne s’est jamais remise d’une décision de justice en 2012. Elle a été victime de six mois d’arriérés de salaire sans aucune explication de son patron. Après l’inspection de travail, le différend n’a pas été réglé à l’amiable et a suivi son cours au tribunal de Yaoundé. De renvoi en renvoi jusqu’à la décision de justice, elle s’est retrouvée avec la modique somme de 500 000 F, sans dommages et intérêts. « J’avais compris que mon patron avait mis en jeu les moyens financiers puisque par la suite, il a dit à d’autres collègues que je n’allais pas sortir gagnante. Et il avait raison », confie la jeune dame.
C’est à ce type de cas que font face les avocats et les magistrats à qui on propose de faramineuses sommes d’argent dans la défense de leurs clients ou du rendu de justice dans une affaire.  Comment  résister à une proposition d’argent ? Pour répondre à cette question, les experts de la Conférence internationale des barreaux de tradition juridique commune (CIB) ont entretenu les participants sur le thème: « Garantir l’indépendance des acteurs de justice : avocats et magistrats. » C’était dans le cadre de leur deuxième journée de travail. Pour édifier les participants, Me Jean Pierre Akumbu et Me Dominique Tricaud ont modéré les trois interventions de Me Martin Pradel, Me Peguy Warolin et Me Patrice Monthé. De ces échanges, l’on retient que ces acteurs sont confrontés tous les jours, au prétoire, au refus du magistrat de s’assumer et à l’ignorance de la déontologie chez les avocats.  Des ingrédients qui garantissent cette indépendance parce qu’ils reposent sur la loi. A ceux-ci, il faudrait ajouter le professionnalisme.
Pour Me Patrice Monthé, ancien bâtonnier du Cameroun, l’indépendance de ces acteurs passe par une aisance financière. « C’est l’avocat qui doit fixer les conditions dans lesquelles la collaboration doit se faire avec son client. C’est le client qui doit venir à nous. Nous devons garder l’esprit de noblesse», a martelé l’ancien bâtonnier. « Il n’y a pas de barreau fort sans avocat indépendant. Si on n’est pas intellectuellement aguerri, on ne peut pas exercer ce métier », a-t-il poursuivi. A sa suite, Me Peguy Warolin, avocate au barreau du Québec a insisté sur l’importance de l’impartialité dans le rendu de la justice. Au Québec, d’après elle, l’indépendance repose tant sur la dimension individuelle que sur celle institutionnelle. Des astuces qui ne sont pas tombées dans des oreilles des sourds. « Nous avons été confortés dans notre manière de penser surtout qu’il y va de notre réputation», s’est réjouie Me Rose Nwawe Noubouatié, avocate au barreau du Cameroun.
 

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