Société

Vivre ensemble : petits clichés, grandes leçons

Dans un contexte marqué par une tendance au discours haineux, les Camerounais partagent d’intenses moments de fraternité dans divers espaces de socialisation.

En dépit des condamnations régulières venant aussi bien d’hommes politiques que de la société civile, il souffle par à-coups un vent de repli identitaire au Cameroun. Mal aggravé par les réseaux sociaux, véritables haut-parleurs de la haine. Facebook, terreau fertile de ce venin, donne ainsi à voir des groupes à consonance ethnique mettant en avant leurs mérites, tout en affublant les autres ethnies de tous les maux. Dans cet univers, le langage est insultant et agressif. Il s’accompagne parfois d’illustrations (photos et caricatures) dévalorisantes vis-à-vis de telle ou telle tribu. Les milliers de commentaires et de partages des publications participent à tisser la toile de l’animosité et de l’intolérance. A ceci s’ajoutent des a priori, idées reçues et fables construits autour des différents groupes sociologiques. Un fardeau lourd à porter qui oblige parfois même les plus modérés à riposter à la hauteur de l’attaque.
On resterait dans le cyberespace que le mal serait peut-être de moindre amplitude. Malheureusement, il s’observe, depuis la fin de l’élection présidentielle de 2018, une déportation de ces dérives sur le réel. Çà et là en effet, l’on assiste de plus en plus à des manifestations appelant au rejet de l’étranger. Des scènes de repli identitaire parfois orchestrées en sourdine par des entrepreneurs politiques qui forcent le trait de rupture entre « autochtones » et « allogènes ». 
Cela dit, même amplifiées, les sirènes de la division ne peuvent l’emporter sur l’écho du vivre ensemble. Plus fort, plus mélodieux. Un regard dans la société permet de se rendre compte en effet que les Camerounais cohabitent sereinement, malgré leurs différences sociales et sociologiques. Les faits d’incompréhension enregistrés de temps à autre apparaissent minoritaires face à la grande mosaïque du vivre ensemble. C’est la leçon que l’on tire en observant certains espaces de vie communs : club « matango », « pimenteries », « beignetariats » ou encore orchestres de « mendjang ». A priori modestes et vulgaires, ces endroits sont pourtant le témoignage d’une société camerounaise soucieuse de resserrer les liens de ses membres, d’où qu’ils viennent et malgré leurs différences.
 

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