Société

Business autour du Covid-19 : les affaires au ralenti

Après le boom d’il y a cinq mois la vente de masque et autres outils de protection est en baisse.

Samedi 11 septembre 2020. Il est 11h à l’atelier de couture Lorie, sis à la Nouvelle route Bastos à Yaoundé. La grande salle de couture jadis remplie d’employés est presque vide. Quelques jeunes couturiers font crépiter les machines. Ils sont juste une dizaine au travail ce matin. Pourtant, il y a trois mois, l’unité recevait plus de 75 employés. « Nous étions très nombreux au départ. Chaque employé fabriquait environ 1000 cache-nez au quotidien. Mais au fil des jours, le travail diminue. La patronne ne gagne plus les marchés et comme il n’y a pas d’argent, les travailleurs se retirent peu à peu », explique un employé.
Comme cet atelier de couture, plusieurs autres structures qui avaient pignon sur rue au début de la pandémie, ont vu leur activité ralentir. Pour Blaise Ndi, habitant de Yaoundé, chaque chose se fait en son temps. « Il y a quelques mois, on trouvait même devant les supermarchés des personnes spécialisées en vente de seaux. Elles fixaient aussi des robinets sur ces seaux. Maintenant, ils sont rares. On ne les voit presque plus. On dirait que la maladie est finie », déplore-t-il. Pourtant, certaines entreprises et des particuliers envisageaient déjà de se lancer dans la fabrication des kits de protection. C’est le cas de David Mabou, étudiant en deuxième année dans une université de Yaoundé. Celui-ci comptait mettre à profit ses vacances pour gagner de l’argent. « Je voulais créer un petit atelier de fabrication des cache-nez en tissu. J’ai monté mon projet et avant de me lancer, il fallait demander conseil à de ceux qui font déjà dans le métier. Arrivé chez un frère, lorsque je lui explique ce que j’entends faire, il s’est bien moqué de moi, me disant que cette activité ne paie plus », avoue-t-il. Stoppé dans ce projet, le jeune homme s’est tourné vers autre chose.
Selon les responsables des structures de fabrication des kits de protection, les gens n’achètent plus. Même pour les petits marchés qu’ils gagnaient avant, « tout est bloqué ». Les faits se rapprochent donc des constats effectués au quotidien. Moins le Covid-19 fait peur, plus les populations abandonnent l’observance des mesures barrières, et plus les activités de fabrication des kits de protection disparaîssent.
 

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