Société

Etablissements scolaires : la publicité fait sa rentrée

Banderoles et pancartes fleurissent dans la ville de Yaoundé en cette veille de reprise des classes, au mépris de la réglementation en vigueur qui interdit cette propagande.

A quelques semaines de la rentrée scolaire 2020-2021, des établissements scolaires privés sont passés à l’offensive pour appâter parents et élèves. Pancartes, banderoles géantes et autres affiches publicitaires sont visibles dans presque tous les coins et recoins de la capitale. Cette opération de séduction vise en général à faire connaître l’ouverture d’établissements scolaires privés, que ce soit dans le primaire ou le secondaire. Pour des collèges déjà établis, les résultats aux examens officiels sont mis en avant, avec des statistiques alléchantes (100% au CEP, 99% au BEPC, 82% au BAC). Et ce n’est pas tout : le cadre et les qualifications des enseignants sont également mis en exergue pour attirer le plus grand nombre d’élèves. Bâtiments neufs et autres infrastructures rénovées, bus à disposition des apprenants, tout est mis à contribution pour frapper les esprits. Des annonces qui ne collent pas toujours avec la réalité. 
Dans une des écoles maternelles et primaires bilingues s’étant livrée à cette opération de charme au quartier Fougeroles, la réalité est tout autre. Sur les prospectus distribués, l’établissement propose un cadre attrayant pour l’éducation des enfants avec à la clé, des bâtiments flambant neufs, des aires de jeux agréables et des instituteurs aptes. Sur place, c’est la douche froide pour certains parents. La réalité est en déphasage avec toutes les prestations annoncées. Encore en chantier, l’établissement scolaire ne sera clairement pas prêt avant la reprise des classes le 5 octobre prochain. Les bâtiments sont dépourvus de portes et de fenêtres. « C’est vraiment le rêve que ces promoteurs vendent aux parents à travers des publicités mensongères. Comment les élèves sont censés suivre les cours dans les salles de classe sans portes et fenêtres avec les intempéries qui s’annoncent ? Malgré ce subterfuge, certains y inscrivent leurs enfants au mépris de leur bien-être et de leur éducation », dénonce un parent, outré.
La réglementation en vigueur est pourtant formelle. La loi de 2006 régissant la publicité au Cameroun proscrit celle en faveur des établissements scolaires et des institutions universitaires. Dans son article 40, il est stipulé : « Sont également soumises à des restrictions dont les modalités sont fixées par voie réglementaire, les publicités en faveur des établissements scolaires et des institutions universitaires ». Les restrictions visées portent notamment sur la forme, le volume, les arguments publicitaires, les personnages intervenant en qualité d’acteurs dans les publicités et visibles par le public à l’intérieur desdites publicités lors de leurs diffusions, les horaires de diffusion, les médias et la nature des lieux où sont diffusés des messages publicitaires. La violation de cette loi est également punie par cette loi.
 

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