Société

Affres de Boko Haram : les femmes victimes racontent leur douleur

C’était au cours d’un atelier organisé par une association des femmes des médias à Maroua.

Des femmes en sanglots. Des femmes d’un certain âge déjà. Elles vivent encore comme hier, les douleurs à elles infligées par les terroristes de Boko Haram. Leur dénominateur commun, c’est qu’elles sont des veuves. Des femmes à qui, malheureusement, une certaine opinion colle l’étiquette des « pions » de cette nébuleuse, tout simplement parce que l’une ou l’autre a perdu un membre de sa famille sous une forme ou une autre. Soit que le mari a été enlevé ou tué par les sanguinaires de Boko Haram, soit qu’elles ont perdu un être cher lors des incursions punitives des membres de cette secte islamiste. Elles ont pris part à une rencontre organisée le 10 septembre 2020 à Maroua par la branche camerounaise d’une association des femmes des médias qui luttent pour les droits humains de la femme et contre l’extrémisme violent. L’association « Media Women Peace », sous l’égide de la journaliste Madeleine Memb, a organisé cette rencontre en partenariat avec l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) d’Aïssatou Doumara, prix Simone Veil 2019. Les femmes sont venues de l’arrondissement de Kolofata dans le département du Mayo-Sava. Leurs témoignages ont fait écraser des larmes à plus d’un participant à cette rencontre. 
Ce sont des femmes profondément blessées qui sont venues partager leurs douleurs avec les psychologues et aux magistrats invités à ces échanges. Les magistrats ont, au cours de cet atelier passé en revue la loi camerounaise sur le terrorisme et ont relevé ses insuffisances. Les exposés présentés à cette occasion ont été à chaque fois traduits en langue locale, question de permettre à tous les participants d’avoir la même compréhension des droits de la femme en général. Et en particulier les victimes sur lesquelles l’on jette l’anathème tout simplement parce que l’une des personnes qui leur étant chère aurait flirté d’une manière ou d’une autre avec les terroristes de Boko Haram. Comme l’a affirmé Madeleine Memb, il est question de lancer un plaidoyer en vue d’un « accompagnement psychosocial, judiciaire et juridique adéquat pour les femmes présumées ex-combattantes de Boko Haram ». 
 

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