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Mali : les chantiers de la Transition

La paix et le développement, principaux défis du président Bah N’Daw. Il devra aussi réconcilier le peuple avec lui-même et avec ses dirigeants.

Bah N’Daw qui s’apprête à prendre les rênes du Mali vendredi prochain est une personnalité connue dans son pays. Ancien militaire, il prend sa retraite en 2012 au grade Colonel-major. A peine deux ans de repos, il est rappelé sur la scène publique en 2014 par Ibrahim Boubacar Kéïta, le président de la République, déchu en août dernier qui lui confie le portefeuille de ministre de la Défense et des Anciens combattants. Il n’y reste pas longtemps puisqu’en janvier 2015, il perd son poste à cause de ses « divergences de point de vue avec le président de la République ». La presse malienne rapporte à ce sujet que son intégrité gênait, lui qui « aurait refusé de signer un document relatif à l’intégration d’anciens combattants déserteurs ». L’homme qui traîne derrière lui une riche carrière et une réputation d’homme rigoureux a désormais du pain sur la planche.
Le premier défi de Bah N’Daw sera de réconcilier les factions dissidentes qui viennent de s’époumoner dans des contestations interminables et douloureuses ayant abouti au coup d’Etat du 18 août dernier et les convaincre de regarder millions d’habitants et la vingtaine d’ethnies qui constituent le Mali s’illustrent par des affrontements intercommunautaires. Le pays qui a célébré hier ses 60 ans d’indépendance est une zone désertique et enclavé. Il est aussi confronté aux attaques jhiadistes, mêlées aux rébellions de Touaregs, peuple nomade entré en révolte contre les populations sédentaires du Sud. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait suspendu dès le 20 août le Mali de ses organes de décision et lui avait infligé un embargo financier et commercial. Elle avait indiqué la semaine dernière qu’elle lèverait ces sanctions aussitôt que la junte accédait à ses exigences.
Ce mercredi, le médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, Goodluck Jonathan est attendu à Bamako, où les discussions avec la junte vont se poursuivre, en attendant la prestation de serment de Bah N’Daw, le 25 septembre prochain.
 

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