Paludisme au Cameroun : plus de 11 000 décès recensés en 2020

Ces chiffres publiés récemment par l’OMS interpellent la riposte alors que la maladie touche de plus en plus les femmes enceintes et les enfants.


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Le paludisme inquiète encore. Dans les formations sanitaires et les familles, la quasi-totalité des plaintes sanitaires tournent sur le sujet. « Sur dix malades internés ici, sept souffrent du paludisme », confie Nathalie A. , infirmière dans une formation sanitaire au quartier Tsinga à Yaoundé. Non loin de là, au district de santé de la Cité verte, c’est l’afflux des patients. Des allers et retours sont enregistrés çà et là. Selon le responsable de la structure, c’est la saison du paludisme. Ce que confirme d’ailleurs une patiente qui témoigne : « Sur une période d’une semaine, quatre personnes de ma maison ont été atteintes de paludisme. Tous se plaignaient des mêmes symptômes : fièvre, courbatures, fatigue … Nous avons tour à tour été hospitalisés et les résultats de tous nos examens ont confirmé le paludisme ».


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Avec 11 millions de cas par an, le paludisme tient la palme d’or des maladies touchant le plus de Camerounais.  En effet, si la pandémie de Covid-19 préoccupe, le paludisme reste l’un des principaux problèmes de santé publique au pays. L’Organisation mondiale de la santé l’a récemment relevé lors de la célébration de la Journée mondiale du paludisme. Aussi, le Dr  Alain Georges Etoundi Mballa, directeur de la lutte contre la maladie, les épidémies et les pandémies au ministère de la Santé publique est-il revenu sur le sujet le 17 septembre dernier, lors du briefing quotidien sur le Covid-19. Il a tiré la sonnette d’alarme pour rappeler l’ampleur de la situation. Selon lui, environ 11 000 décès de suite du paludisme ont été enregistrés au Cameroun depuis le début de l’année 2020. « 61% de ces décès surviennent chez les enfants de moins de cinq ans », a-t-il précisé. Actuellement, dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, cette affection fait des ravages. Les formations sanitaires et les ménages sont fortement impactés. De l’automédication, aux soins par les plantes naturelles, en passant par la médecine conventionnelle, chacun va où il trouve mieux son compte. « C’est la deuxième fois que j’ai le paludisme la même année. La première fois je suis allé à l’hôpital où j’ai pris des injections. Quelques mois après, me voici encore souffrant de la même maladie. Cette fois-ci, j’ai pris une plaquette de Quinine et de la Vitamine B complexe à la pharmacie. J’essaie le traitement pour voir », explique Jean Elang, patient. 


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Les malades s’enregistrant de plus en plus dans les formations sanitaires, populations et personnel médical sont tenus à ne pas confondre paludisme et Covid-19. D’autant plus qu’en l’absence des tests-diagnostics, il n’est pas toujours  évident de faire la différence entre le paludisme et le Covid-19. Et les symptômes sont quasiment les mêmes. C’est dans ce sens d’ailleurs que le Dr Alain Georges Etoundi Mballa indique que « durant ce contexte de Covid-19, il est aussi très important de continuer à porter une attention particulière aux autres pandémies ou maladies dites saisonnières dans notre pays, à l’instar du paludisme ». La meilleure prévention est l’usage quotidien de la moustiquaire imprégnée. 


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