Société

Vaccination de routine : on s’attaque au cancer du col de l’utérus

Le vaccin contre le virus du papillome humain (anti-Hpv), responsable de cette affection, sera introduit à large échelle dès le 12 octobre prochain.

Cible : les petites filles âgées de 9 ans. Condition sine qua non, les concernées ne doivent avoir jamais eu d’activité sexuelle. « C’est la seule manière de garantir l’efficacité de l’opération », précise Dr Hassan Ben Bachire, secrétaire permanent du Programme Elargi de Vaccination (Pev). Concrètement, ce sont au total 339 908 fillettes qui sont visées sur l’ensemble du pays. La vaccination s’effectuera, dans un premier temps, dans les formations sanitaires et les communautés. Puis, dès le 23 novembre 2020, cette activité se déroulera dans les écoles, publiques et privées. Sous contrôle parental. En effet, une lettre de consentement sera soumise à chaque parent concerné pour signature. Ce n’est donc que sur accord du parent que l’enfant sera vacciné à l’école, s’il ne l’a pas été en communauté.
Le vaccin en lui-même s’administre par une injection intramusculaire. Il faut deux doses inoculées à un intervalle minimal de six mois et maximal de 15 mois. Le Cameroun a opté pour une immunisation quadrivalente, le Gardasil 4, contre les génotypes Hpv 6 et 11 responsables des condylomes et verrues génitales (crêtes de coq), ainsi qu’aux génotypes 16 et 18 mises en cause dans le cancer du col de l’utérus. Dans le cadre du Programme Elargi de Vaccination, ce vaccin est gratuit. En dehors du Pev, qui ne prend pour le moment pas en charge les filles âgées à partir de 10 ans, le vaccin est disponible dans les pharmacies et les centres internationaux de vaccination à raison de 68.000 F les deux doses. 
Bon à savoir, il ne s’agit pas d’un nouveau vaccin en expérimentation au Cameroun ou dans le monde. « Des tests d’acceptabilité, qui ne sont du reste pas des tests d’expérimentation, ont eu lieu dans le pays depuis 2010. Précisément 6851 filles de 9 à 13 ans ont été vaccinées en 2010 et 2012 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, grâce à l’intervention de l’Eglise baptiste. Dans les districts de santé d’Edéa et Foumban, 14 365 jeunes filles de 9 – 13 ans ont également été vaccinées en 2014 et 2016. Actuellement, il est question de passer à une administration à grande échelle de ce vaccin », soutient Yaouba Djaligué, responsable de la communication au Pev. Au niveau mondial, 131 pays au total, dont les Etats-Unis, l’Australie, le Canada et la Grande Bretagne, ont déjà introduit ce vaccin dans leur programme de routine. 33 vaccinent d’ailleurs jeunes filles et garçons, en raison de la soutenabilité financière dont ils sont capables.
L’importance de ce vaccin n’est plus à démontrer, quand on connaît la situation épidémiologique du cancer du col de l’utérus au Cameroun. Selon des données disponibles au ministère de la Santé publique, 2356 nouveaux cas sont enregistrés annuellement dans le pays, pour 1546 décès. Ces chiffres sont susceptibles de doubler dans les deux prochaines décennies si rien n’est fait. D’où la mobilisation tous azimuts pour sensibiliser les populations à adhérer à cette vaccination. Dans cette perspective, un atelier de briefing des médias s’est tenu à Douala, lundi et mardi.
 

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