Filière lait: 165 vaches pour doper la production

Importées de France, elles ont été accueillies en grandes pompes samedi dernier à Garoua par le Minepia, Dr Taïga.

Un Boeing 747 cargo immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international de Garoua. Il a atterri depuis 6h 06 ce samedi matin, en provenance de Besançon, ville d’où il a décollé en France, avec une escale à Liège en Belgique. A son bord, l’appareil avait des passagers particuliers. Dans le manifeste du commandant de bord : 165 vaches laitières. Achetés par le gouvernement camerounais via le Projet de développement de l’élevage (Prodel) financé par la Banque mondiale, ces animaux serviront à la production laitière locale. Le pays accuse en effet un grand déficit en la matière, de l’ordre de 120 000 tonnes par an, malgré la production locale qui a accru de 7% depuis 2014, pour s’établir à près de 275 000 tonnes en 2019. A quelques mètres de l’échelle de coupé, le Dr Abouame, coordonnateur du Prodel, explique que « le gouvernement emmène les animaux de très haute performance pour résoudre ce déficit. Le Grand Nord, qui possède un savoir-faire presque imbattable en matière d’élevage, a déroulé le tapis rouge aux 165 génisses gestantes de race montbéliarde, dont la production est estimée, selon les spécialistes à 20 litres de lait par jour.

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On assiste alors à un ballet de camions qui viennent chercher les bêtes. Les semi-remorques convoient les vaches à la station de Lougguerre par Guider dans le département du Mayo-Louti, où trois étables d’une capacité de 60 animaux les attendent. C’est là-bas qu’elles « passeront leur quarantaine », souffle le Dr Bessong Ojong, conseiller technique n°2 au Minepia. Un protocole strict a été défini pour leur accueil, leur acclimatation de deux à trois mois et leur adaptation dans le nouvel écosystème. Mais avant le transfert dans leur futur cadre de vie, le Dr Taïga, ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), a retracé à grands traits la genèse du projet qui remonte à 2011 au comice agro-pastoral d’Ebolowa. Au cours de cette foire, le chef de l’Etat avait tracé les sillons de l’agriculture de deuxième génération tournée vers la modernisation de l’outil de production et des pratiques agro-pastorales, explique-t-il. Le Minepia demande aux opérateurs du secteur d’emboîter le pas au gouvernement en faisant importer à leur tour des vaches laitières. « Dans trois à quatre mois, ces 165 vaches vont mettre bas. Leur chiffre va être multiplié par deux », poursuit-il, dans sa démonstration. Il les invite à saisir l’opportunité que constitue le Prodel, véritable outil d’encadrement et d’accompagnement.

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 Guy Charbonnier, l’un des spécialistes ayant convoyé les animaux depuis la France, jubile. « L’arrivée des animaux a coïncidé avec la pluie à Garoua. Cela a évité le stress thermique aux bêtes qui auront besoin de beaucoup d’eau. Maintenant, il faut être regardant sur l’alimentation, le couchage, la surveillance », conclut le spécialiste en reproduction animale.  

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