Quêtes sur les réseaux sociaux : ces contributions qui divisent

Si plusieurs membres participent à ces sollicitations initiées dans les fora WhatsApp, Messenger et autres à l’occasion de certains événements, d’autres y voient plutôt une source d’arnaque.

Clarisse Fombana vient d’envoyer 6 000 F ce 6 octobre 2020 à l’un des membres d’un groupe WhatsApp dont elle fait partie. C’est la troisième quête à laquelle elle contribue en deux semaines. 5 000 F la semaine dernière pour l’organisation d’une rencontre entre membres, 3 000 le 1er octobre pour le décès d’un camarade et à présent 6000 F pour le décès du parent d’un membre d’un autre groupe. « Ça ne me dérange pas de cotiser. Du moment où j’ai donné mon argent, ça veut dire que j’ai senti la nécessité de le faire », précise Clarisse Fombana.


Read also : Autoroute Yaoundé-Douala : on prépare le raccordement à la Nationale n°3

Les quêtes sont devenues monnaie courante dans divers groupes sur les réseaux sociaux. Des mariages aux décès en passant par les baptêmes, les « voir bébé », et les sorties entre membres, les raisons pour cotiser ne manquent pas. Telle une tontine, les frais de participation sont parfois mentionnés dans le règlement intérieur du groupe. « C’est chaque jour qu’il faut contribuer pour les gens ! Aujourd’hui c’est le voir-bébé, demain c’est l’assemblée générale, après-demain c’est le mariage. Et quand on pose les noms des gens qui ont contribué et qu’il n’y a pas le tien, bonjour les rancunes », raconte Nadine Belomo. Lesdites contributions s’intègrent peu à peu dans les répartitions budgétaires mensuelles des uns et des autres. « Je me suis retrouvée en train de dépenser plus de 50 000F en un mois pour aider une même personne avec qui j’étais dans plusieurs fora. Du coup, j’ai eu du mal à régler mes propres factures par la suite », se plaint Rosine Ibagi.


Read also : Corridors routiers d’Afrique centrale : il y a du potentiel

Semblables au départ à des mains-levées, les contributions s’assimilent à présent à un devoir. Chanzeline Nzekou affirme avoir été victime de harcèlement de la part d’un administrateur. Lors d’une quête initiée à hauteur de 10 000 F dans le cadre du mariage d’un ancien camarade de lycée, administrateur d’un groupe WhatsApp, cette chargée de la clientèle dans une entreprise de la place subissait des appels à répétition. Et ce, à toute heure. « Il m’appelait et m’écrivait à tout moment pour réclamer ma contribution. Puis, il s’est mis à me menacer et me traiter de malhonnête comme s’il m’avait prêté de l’argent », se souvient Chanzeline Nzekou. Le calvaire prend fin le jour où celle-ci décide de bloquer et signaler le groupe en question. Comme elle, certains ne cèdent pas à cette pression. Pour eux, cotiser dans un simple groupe relève d’une arnaque, compte tenu du fait qu’il est très souvent difficile d’assister à l’événement auquel on participe financièrement. « Je ne contribue jamais à quoi que ce soit sur WhatsApp ou Messenger. D’ailleurs, c’est le jour où quelqu’un me demande de l’argent que je quitte le groupe », prévient Christian Nimpa.


Read also : Electricité : des perspectives pour la Turquie

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category