Peurs et suspicions sur les vaccins : la sensibilisation comme arme

Pour une meilleure acceptation de la vaccination par les parents, les entités engagées devraient renforcer la communication auprès de ces derniers.

Un enfant de moins de cinq ans mis hors de la salle de classe et contraint d’assister à une altercation entre un personnel de santé et sa génitrice opposée à la vaccination. La scène proche de la fiction s’est déroulée dans une école maternelle au quartier New-Bell à Douala, dans la région du Littoral. La vidéo réalisée par un témoin a abondamment été partagée sur les réseaux sociaux depuis vendredi. Dans cet élément, on entend l’homme, visiblement personnel de santé dire : « Si vous ne voulez pas qu’on vaccine votre enfant, vous le gardez chez vous. Est-ce qu’on vous a obligée ? S’il reste en classe, il sera vacciné.  Je ne négocie pas. J’ai dit que tous ces enfants seront vaccinés », appuie-t-il, visiblement courroucé. Et un peu plus loin, la mère tente d’expliquer sa réticence. « Il y a des enfants qui avaient déjà été vaccinés à la maison. Ces agents vaccinateurs sont passés de porte-à-porte. Est-ce que la vaccination est obligatoire ? » Et lui d’ajouter : « C’était le premier tour. Ils vont même encore passer de porte-à-porte. A l’école, oui, la vaccination est obligatoire. »

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En effet, dans le cadre du second tour de la vaccination contre la poliomyélite, organisé du 9 au 11 octobre dernier, dans 117 districts de santé des régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord, du Centre, du Nord et du Littoral, les équipes du Programme élargi de vaccination (Pev) ont sillonné les aires de santé. Sans toutefois savoir comment cette confrontation a démarré, ou si les parents ont donné leur accord, la scène de Douala, dénote de la peur que suscite la vaccination auprès de certains parents. Si beaucoup vont, volontiers avec leurs progénitures dans les hôpitaux et autres centres de vaccination, d’autres hésitent encore. La polémique suscitée autour du vaccin contre le cancer du col de l’utérus et de celui contre le coronavirus, y est pour quelque chose. Car quel parent voudrait le mal de son enfant ? Quelle mère accepterait que l’on administre à son petit un produit dont la nocuité est grande? Des peurs et des résistances nourries par le manque de communication et de sensibilisation.

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Dans le cas d’espèce, le personnel de santé tient à ce que tous les enfants de 0 à 5 ans soient protégés contre la poliomyélite, une maladie invalidante. En face, la mère, animée par l’instinct de protection est contre cette autre vaccination. Cette confrontation qui a frôlé le corps-à-corps, vient en effet soulever l’importance d’une intensification de la sensibilisation des parents. Car tous veulent une seule chose : la santé de ces enfants. Même si le comportement de l’agent vaccinateur de Douala a certes, soulevé un vent d’indignation au sein de l’opinion, toujours est-il qu’un effort de communication doit être mené dans les villes et villages. Afin que tous les parents comprennent que la vaccination est le seul mode de prévention de la poliomyélite. Administré à plusieurs reprises, le vaccin confère aux enfants 0 à 5 ans, une protection à vie. Et ceci n’est possible que si les parents s’impliquent.

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