Inacceptable violence

A l’heure où toutes les énergies devraient être mobilisées autour du combat contre les atteintes à l’intégrité territoriale du pays tourné vers l’émergence, synonyme de progrès social partagé, voilà que les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest vivent depuis quelque temps dans un climat quasi insurrectionnel. Une situation aux conséquences graves sur le quotidien des populations, notamment aux plans économique et social.
Au départ de ce qui est apparu en mi-novembre comme un simple mouvement d’humeur, des revendications corporatistes : quelques syndicats d’enseignants ont exprimé des préoccupations et revendications (fondées pour certaines) relatives aux conditions de travail de leurs adhérents. Pour leur part, les avocats anglophones ont remis au goût du jour l’absence jugée interminable par ces derniers de la version en anglais du traité de l’OHADA. En dépit d’une vaste et diligente action d’explication de la part des autorités gouvernementales, le mouvement a gagné en ampleur de manière d’autant plus surprenante que les pouvoirs publics ont manifesté une réelle ouverture et une compréhension irréprochable par rapport aux doléances soulevées. Peine perdue, puisque toutes les offres de dialogue du gouvernement se sont heurtées à l’intransigeance des initiateurs et animateurs de la fronde.
Un climat de défiance qui ne tardera pas à s’alourdir davantage avec l’apparition de revendications clairement politiques. Au rang desquelles le retour au fédéralisme près de quarante cinq ans après le référendum de mai 1972. Avec à la clé des violences intolérables sur les hommes et les biens et tout particulièrement la destruction par le feu du drapeau national. Il en résulte quelques constats amers :
1- Ces tristes évènements - qui constituent une plaie béante sur le corps de la nation meurtrie - ont été lancés juste quelques heures avant le démarrage de la 10e coupe d’Afrique des nations de football féminin le 19 novembre dernier. Probablement en vue d’écorner l’image du Cameroun au moment où le pays accueillait des milliers d’hôtes accourus du monde entier pour cette compétition continentale. En tout cas, cette coïncidence est pour le moins suspecte. Il y a là incontestablement une volonté présumée de nuire. Mais à quelle fin ?
2- A propos de l’usage de la violence, il convient de relever qu’il existe en effet au Cameroun des plateformes de dialogue pour faire valoir et partager des idées, opinions et droits : le parlement, la justice, les conseils municipaux, les médias, les réunions publiques, etc. Il est de notoriété publique que depuis l’avènement du Renouveau, il n’est plus besoin de prendre le maquis pour s’exprimer. D’où vient-il donc que des citoyens, ignorant ces mécanismes et structures établis préfèrent plutôt jeter des casseurs dans la rue pour attenter à l’ordre public, aux biens et à la vie d’autrui ?
3- Les commanditaires et les auteurs des violences de Bamenda et d’ailleurs ont voulu dicter leurs desiderata. Or, chercher à imposer sa volonté et ses désirs à l’autre par la force, la violence ou l’intimidation constitue une grave entorse aux droits de la personne, à l’Etat de droit.
4- Quant à la destruction du drapeau national, un des symboles de l’Etat, elle est simplement inadmissible. Et les auteurs de cet acte barbare doivent être sanctionnés conformément aux lois de la République.
5- Tout laisse penser que, tapis dans l’ombre, les concepteurs et donneurs d’ordres des actes crapuleux qu’on déplore avaient dès le départ un agenda caché. Les revendications des avocats et des enseignants n’étant qu’un alibi pour parvenir à leurs fins inavouées. Ils devraient prendre conscience qu’en se posant comme ennemis de l’unité nationale, fruit de sacrifices incommensurables, ils seront inéluctablement vaincus. Ils devraient également se rappeler et se convaincre au regard de la loi fondamentale du Cameroun que la souveraineté nationale appartient au peuple. Et qu’aucune fraction de celui-ci, pas plus qu’un individu ne saurait s’en attribuer l’exercice.
 

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