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Interview : « 95% de nos décisions confirmées par le TAS »

Me Gervais Mang Mayi, rapporteur général - greffier en chef de la CCA.

Quel sentiment vous anime généralement quand le TAS confirme une sentence que la CCA a donnée en premier lieu ?

Pour une juridiction comme la nôtre, quand les décisions sont confirmées, cela fait savoir que nous travaillons bien. Et quand elles sont infirmées, nous suivons la direction du vent. Car, en réalité, il y a une juridiction qui donne le la. On peut avoir notre façon de regarder sur le plan national et sur le plan international, on nous indique qu’on aurait pu regarder autrement. C’est déjà arrivé qu’on rende une décision dans un sens, alors que nous pensions être dans un bon droit. Je peux me réjouir parce que 95% de nos décisions ont toujours été confirmées par le TAS.

Au Cameroun, on se comporte comme si on avait une mentalité de colonisés. Doit-on seulement attendre que les sentences soient rendues par le Tas pour qu’elles soient exécutées ? La loi camerounaise dit que les décisions rendues par la CCA sont d’application immédiate. Il faut seulement s’exécuter.

Avez-vous l’impression que le mouvement sportif national ne valorise pas votre travail ?

En réalité, il faut bien que les gens nous saisissent. Sur le plan sportif, en termes de hiérarchie de juridictions, la CCA est comme une cour suprême. J’ai toujours dit aux justiciables que mon bureau est ouvert. Avant d’aller chercher les avocats, qu’ils viennent d’abord chez moi. Je ne fais que le droit du sport. Je peux donc apporter des conseils aux uns et aux autres. Des consultations gratuites, en somme. Ça ne fait pas plaisir de voir quelqu’un qui est venu, qui avait le droit avec lui, mais qui a perdu parce qu’il s’est planté au niveau de la procédure. On ne doit pas se réjouir de cela.

Que faut-il faire pour y remédier ?

Nous devons changer notre logiciel humain. Quand on parle en milieu du sport de fair-play, ce n’est pas s’échanger les maillots ou encore s’embrasser. C’est d’abord un état d’esprit. Il faut que les gens se mettent bien dans la tête que dans le milieu du sport, il y a un mot qui est mal à propos : adversaire. On ne brille dans le milieu du sport que par rapport à quelqu’un, qui le fait sublimer. Le milieu sportif est un milieu de gentlemen. Au sein d’une fédération, tu n’as pas besoin d’être président pour apporter ta pierre à la construction de l’édifice. Que chacun accepte de jouer sa partition.

Pensez-vous que la récente mutation de la CCA va changer la donne ? 

Nous devons avoir bon espoir. Les juridictions ne s’autosaisissent pas. Ça veut dire qu’il peut avoir les problèmes dans le milieu du sport, mais nous n’irons pas chercher les justiciables. Il faut bien qu’ils viennent vers nous. Nous allons procéder à une métamorphose en organisant des séminaires et des formations certifiantes, parce qu’il faut bien à un moment donné que ne parle du sport que celui qui en a la pleine maîtrise. Ceux qui refusent d’appliquer les sentences vont avoir les effets. Est-ce sérieux que nous sortons d’une deuxième normalisation et qu’on court vers une troisième ? C’est une insulte.

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